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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:39



Insérer un cercle des Emotifs Anonymes est une grande étape dans la vie de toute personne souffrant de phobie sociale. Angélique, chocolatière de formation, talentueuse dans l’art de ravir les papilles des plus gourmands, a réussi à surmonter cette angoisse et retrouve régulièrement ses semblables pour évoquer les malaises qu’elle ressent au quotidien.
Comment aurait-elle pu imaginer qu’elle croiserait la route d’un autre énergumène de son espèce en postulant dans la chocolaterie de Jean-René ? Grand maître en son royaume du chocolat, cet émotif dissimule ses malaises en recourant régulièrement à la méthode Coué enregistrée sur cassettes. Puisque tout unit les êtres qui se ressemblent, et parce que le psy de Jean-René lui a donné pour mission d’inviter une demoiselle au restaurant, ces deux là finissent rapidement par tomber amoureux l’un de l’autre. Pour une fois, leur émotivité ne constituera pas un obstacle au déploiement de leur relation amoureuse et leur permettra au contraire de se comprendre au-delà des bourdes qu’ils accumulent à une vitesse impressionnante.



Angélique et Jean-René évoluent dans un monde enfantin que l’on croirait extrait d’un conte du début du siècle. Il s’agit là du monde des émotifs, monde idéal à l’intérieur duquel les méchants n’existent pas. Les personnages secondaires, un peu fades par ailleurs, ne sont pas là pour leur mettre des bâtons dans les roues. Ils leur permettent au contraire d’avancer, ils les obligent même à se confronter à leurs terreurs, thérapeutes sans le savoir, engagés dans la guérison (l’acceptation) de la phobie sociale. Le traitement fonctionne à moitié : si Angélique et Jean-René arrivent à surmonter, peu à peu, leurs plus grandes craintes (inviter la demoiselle au restaurant, passer une nuit à l’hôtel, déclarer sa flamme devant un parterre d’inconnu), à l’heure de la concrétisation ultime de leurs efforts, lors du mariage, ils laissent tomber toutes les conventions pour s’engager sur le chemin qui est le leur, celui de la fuite dans un pays merveilleux où ils seraient enfin seuls et loin de ceux qui les effraient.



Les blagues sont un peu potaches, pas toujours très fines ni très originales, mais elles sont toujours adressées avec beaucoup de tendresse aux personnages principaux du film. Je crois que ce qui pêche le plus, ce ne sont pas les personnages d’Angélique ni de Jean-René mais tous ceux qui gravitent autour d’eux et qui ressemblent à des caricatures ambulantes, gestes et mimiques stéréotypées très agaçants. Heureusement, les véritables héros sont là pour redonner un peu de relief au film. En eux se trouve la véritable originalité de ce film : mettre en avant des personnages qui réussissent à trouver le bonheur malgré leur déviance, et qui font même de leurs complexes un élément de contribution à leur bonheur.


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Published by Colimasson - dans Film
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