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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 12:15



Après nous avoir caraboché le chou avec des histoires d’héros qui se précipitent dans le royaume des morts pour essuyer une humiliation (Ajax), pour venger un frère (Antigone), pour accomplir un oracle (Œdipe Roi) ou pour honorer un père (Electre), diantre ! enfin, un peu de changement ! Avec ces Trachiniennes, le masochisme devient sadisme et nous assistons à une mise à mort qui n’est plus suicide programmé mais assassinat non-prémédité.


En apprenant que Héraclès est de retour, après avoir vagabondé sans donner de nouvelles pendant quinze mois, Déjanire son épouse est folle de joie… manque de pot, une donzelle sillonne dans le parage du grand homme. Il s’agit d’Iole, fille d’Eurytos, pour qui Héraclès a fait la guerre. Point de remerciement monnayable pour l’effort fourni au combat : Héraclès s’approprie la jeune fille, dont il veut faire son amante.


Déjanire prétend n’être pas furieuse (« Que mon mari soit vulnérable à ses traits, lui aussi, je serais bien folle de lui en faire grief ; et ce n’est pas non plus la faute de cette femme, car elle n’a voulu ni m’outrager ni me nuire ») –il n’empêche : elle aimerait bien rester la favorite de Héraclès. Elle se souvient alors d’un rituel d’amour qui lui avait été transmis, et elle enduit une de ses tuniques du sang du centaure Nessos et de l’hydre Lerne, deux monstres tués par son mari. Mais le sang de ces bestioles peut-il vraiment provoquer des évènements purs ? Le rituel d’amour se transforme bientôt en meurtre incontrôlé, déchaînant au passage la colère du fils Hyllos.


Les rebondissements suivants se basent sur la question de savoir si Héraclès est vraiment mort, ou s’il ne l’est pas ; de savoir si Déjanire s’est tuée, ou si elle ne l’a pas fait ; de savoir si Hyllos va achever son père, ou s’il ne le fera pas. Questions sans doute tragiques mais qui nous laissent souvent de marbre, tant la distanciation mise en place par Sophocle est efficace.


Relevons quand même la place importante qu’occupe le chœur dans cette pièce. Le lyrisme apporté par celui-ci mérite sans doute une mise en scène qui permettrait par la même occasion de relever le tragique de la destinée de ses personnages malheureux. Les Trachiniennes prend sans doute mieux son envol au spectacle qu’à la lecture mais en attendant, on ne décolle pas vraiment…



CHANT DU CHŒUR. –
[...]
Le son des flûtes me soulève :
je m’abandonne à vous, rythmes impérieux !
Voici, voici que m’excite et me trouble
évohé ! évohé !
la lierre qui m’invite à la grisante lutte !
Iô ! iô ! péan !...

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Published by Colimasson - dans Livre
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