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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 16:55



Jésus et Bouddha en ont marre du ciel. Ils ont décidé de s’octroyer quelques vacances bien méritées et louent un appartement dans le Japon des années 2000. On ne les savait pas copains, mais bon, pourquoi pas, après tout… Le rôle crucial qu’ils ont pu jouer dans l’histoire de l’humanité ne devient plus qu’un lointain passé d’acteurs désormais révolu. A présent eux-mêmes, c’est-à-dire communs et triviaux, ils se réunissent en coulisse et essaient de rester anonymes au milieu d’une foule qui, de toute façon, a perdu toute notion religieuse. D’ailleurs, Jésus évoque seulement Johnny Deep, et les japonais s’évertuent vainement à appuyer sur le front de Bouddha qu’ils prennent pour un interrupteur.



Toutefois, les mauvaises habitudes professionnelles ne disparaissent pas de si vite. Avoir tenu le rôle de Jésus ou de Bouddha, ça laisse des traces. Il suffit que Jésus soit un peu contrarié pour que s’ouvrent ses stigmates, tandis que Bouddha émet une aura lumineuse sitôt qu’il est touché par la félicité. Leurs aptitudes physiques et spirituelles leur permettent de remporter le gros lot à la fête foraine ou d’affronter le grand-huit en toute quiétude. Entre deux attractions, Jésus et Bouddha vont faire du shopping. Jésus ne résiste pas aux attraits des boutiques et vide son porte-monnaie sans compter. Lorsqu’il ne reste plus rien dans le frigo, Bouddha lui propose de rendre comestible le plat de pierres qu’il lui présente…



Le mythe tombe en miettes. Jésus et Bouddha ont très bien réussi à s’adapter au monde des années 2000 et s’avèrent aussi futiles et dispersés que leurs semblables. C’est bien la peine de vivre aussi longtemps pour rester aussi con.
Le choix est clairement assumé d’exploiter deux figures sacrées pour les transposer dans le milieu trivial du Japon consumériste. Le ressort comique de l’histoire tient entièrement au décalage ainsi produit, et génère en effet quelques situations truculentes, mais pas de quoi en défriser Bouddha. Surtout, le rythme s’épuise rapidement. Les scénettes s’enchaînent mais ne suivent pas de fil conducteur spécifique. Jésus et Bouddha sont livrés à eux-mêmes, dans un quotidien vidé de toute signification. Sur un tome, la matière à explorer est suffisante. Elle pourrait même suffire à combler un deuxième tome. Mais lorsqu’on sait que cette série en comporte sept au total, on a un peu du mal à imaginer comment les gags vont pouvoir se renouveler. Peut-être Johnny Deep finira-t-il par retrouver Jésus pour lui casser la gueule et de lui demander de retourner gentiment dans son ciel ?


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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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