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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 14:29






Du marron pour l’Australie, du noir pour New-York. C’est au milieu de ces nuances très sombres qu’évolue l’amitié épistolaire de Mary et de Max –d’abord figurines de pâte à modeler avant de devenir personnages à part entière.


Dans le style faussement enfantin qui mêle voix de Calimero, accumulation de détails et de manies fantasques ainsi qu’univers de l’entertainment proposé sous son aspect le plus onirique, Mary and Max rappelle immédiatement les films d’animation de Tim Burton. Mais il y a quelque chose de différent… Si Tim Burton convoque le fantastique et la poésie des situations –tout comme Adam Elliot-, les personnages restent souvent des âmes solitaires tournées vers elles-mêmes et elles ne réussissent que très rarement à se nourrir de leur environnement immédiat. Le processus à l’œuvre dans Mary and Max semble opposé : au milieu de situations ternes et déprimantes, les personnages parviennent à survivre –tant bien que mal- grâce à leur aptitude à transcender la réalité en une matière vouée à la rêverie. Tout n’est pas idéal pour autant : si Mary, lorsqu’elle est enfant, parvient à survivre au milieu de l’environnement pathogène dans lequel elle évolue, c’est parce qu’elle se détourne de la réalité par le biais des personnages de son dessins animé préféré –les Noblets-, de son poulet domestique, de ses boîtes de lait concentré sucré et surtout de sa correspondance avec Max. En revanche, sa mère a choisi des remèdes moins salvateurs et s’enivre à outrance au sherry, tandis que son père s’enferme dans une passion macabre pour les oiseaux empaillés.





Le cas de Max est particulier. Atteint par le syndrome d’Asperger, il vit surtout seul avec lui-même et ne semble pas du tout réceptif aux tentatives de communication que lui adressent ses semblables. La communication écrite semble un meilleur moyen pour lui d’accéder à ses émotions. C’est pourquoi la correspondance qu’il établit avec Mary transforme sa manière d’appréhender la vie. Dans l’absolu, cet échange de lettres n’apporte rien d’extraordinaire : des envois de chocolat, de photos, de récits, de questions, la découverte du lait concentré sucré… mais le talent d’Adam Elliot est d’exacerber ces preuves d’amitié et de les transformer en éléments moteurs de l’existence.






Au-delà de l’histoire d’une banale amitié tissée par correspondance, la philosophie de vie singulière d’Adam Elliot s’affirme au fil des minutes… Las du pessimisme facile dans lequel il aurait été presque évident de sombrer, les personnages illustrent au contraire une certaine forme de résilience dont tout à chacun fait preuve au quotidien. Il en résulte un sentiment de justesse de ton et de propos surprenant pour un film d’animation.




Je n’ai pas eu le sentiment de convoler entre rires et larmes mais je suis cependant restée admirative devant l’histoire de Mary and Max qui, bien que cruelle, ne peut empêcher de susciter le respect pour la vie et ses passions humaines.

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Published by Colimasson - dans Film
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