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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 13:12






L’année 1975 ne me connut pas mais le pouvoir des livres aidant, je peux connaître une partie de cette année –celle, tout du moins, qui exposa certaines des estampes et certains des livres illustrés de Max Ernst à la Bibliothèque Nationale.
 


Peu de paroles, beaucoup d’illustrations. Max Ernst peut s’expliquer très longuement mais il peut aussi ne pas s’expliquer du tout –c’est le choix effectué pour ce catalogue. On découvre alors des estampes peu connues et pour les amateurs de l’artiste dada/surréaliste, le plaisir d’entrer dans un nouveau recoin de son univers est délectable. En dessous de certaines estampes, des légendes mystérieuses émoustillent l’imaginaire et donnent envie d’ouvrir les livres qui les contiennent, comme ce Rêve d’une petite fille qui voulut entrer au Carmel Marceline-Marie, sortant de l’arbre anthropophage : « Tous mes colibris ont un alibi et mon corps se couvre de cent vertus profondes » ») ou cette Semaine de bonté (« Et les femmes volcaniques relèvent et agitent, d’un air menaçant, la partie postérieure de leur corps »).
 


Le trait précis, minutieux et abondant de détails des estampes se réduit bientôt à quelques lignes brouillonnes, formes géométriques, dessins d’un minimalisme qui n’a plus rien à voir avec la première partie du catalogue. Il s’agit ici d’illustrations d’appoint fournies pour des ouvrages d’amis, qu’il s’agisse de Benjamin Péret, d’Alfred Jarry ou de Jacques Prévert.



 
En ouvrant ce catalogue peu bavard, je croyais passer seulement quelques minutes à offrir du plaisir à mes yeux –mais les dessins de Max Ernst nécessitent bien plus de temps. On retombe dans l’imaginaire propre à l’enfance, celle qui ne voit plus le temps passer et qui ne se rationalise pas, ainsi que nous en avait déjà averti, dès 1969, le principal concerné :   « Mon œuvre doit suffire pour ceux qui savent voir ».




Et un palmarès des estampes, glanées dans le livre et sur Internet...


Série femme 100 têtes (1929):



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Histoire naturelle (1926) :



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Série Le malheur des immortels :



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Répétitions (1922) :



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Rêve d'une petite fille :



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Sainte-Cécile (1923) :



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Une semaine de bonté :



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Oedipus Rex, 1922





Une lecture de ce tableau proposée par le centre Georges Pompidou :



« C’est au mythe du célèbre criminel de la tragédie grecque que s’attache ici l’artiste : Œdipe fils de Laïos et de Jocaste qui, accomplissant la parole de l’oracle, deviendra l’assassin de son père et l’époux de sa mère. Suivant les théories freudiennes selon lesquelles la relation œdipienne structure en profondeur la psyché humaine, les surréalistes ont vu en Œdipe un héros de la révolte contre l’autorité paternelle.



Le tableau Œdipus Rex s’impose et se donne à voir comme un cauchemar reconstitué. Dans un espace dominé par l’irruption du gros plan, des jeux d’échelles arbitraires, une main géante sort d’une fenêtre. Elle tient dans ses doigts une noix transpercée, comme le sont aussi les doigts, par une sorte d’arbalète, tandis que de deux trous au sol sortent les têtes de deux curieux oiseaux, en apparence mâle et femelle.



Le spectateur est frappé par leurs yeux au regard humain. Le châtiment semble vouloir les frapper par la présence d’une barrière en bois qui représente l’enfermement et qui voudrait limiter leur regard, allusion à la cécité d’Œdipe qui se transpercera les yeux pour se punir de son crime. Tous les éléments du mythe sont là : le couple des amants fautifs (les deux oiseaux), le transpercement, l’aveuglement mais, comme dans le travail du rêve, ils ont subi des modifications et sont méconnaissables au premier abord. »




Un collage dont la tête d'oiseau peut aussi rappeler celui-ci :


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Published by Colimasson - dans Livre
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commentaires

snoring remedies 01/04/2014 10:20

I have great interest in painting and I used to paint during my school days. This painting looks great and I will try to draw a similar one for sure. Thanks for sharing this with us and keep posting more updates in your blog.