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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 09:20

http://www.deslivres.com/images/products/image/Meme-les-cow-girls-ont-du-vague-a-l-ame.jpg

 

Résumé :

Sissy hankshaw a été dotée à sa naissance des deux plus longs pouces du monde : elle deviendra donc la plus grande auto-stoppeuse des Etats-Unis. Conduite par ses pouces, Sissy fait des rencontres étonnantes qui transforment sa vie, la Comtesse, magnat des déodorants intimes; Julian Gitche, l'Indien, qui sera un temps son mari, le docteur Robbins, psychiatre farfelu. Et surtout, les cow-girls, qui revendiquent l'égalité avec les hommes sous la conduite de la belle Bonanza Jellybean.

 

 

Cela fait déjà un petit moment que j'ai lu ce livre mais il m’avait laissé une sensation bizarre, alors je l’ai laissé reposer un petit moment et j’y suis retournée récemment, pour le feuilleter à nouveau et relire certains passages intéressants (et Dieu sait s’il y en a dans ce livre !).

Donc, impression un peu floue après la première lecture. Après coup, je me dis que c’est normal : je l’ai lu assez rapidement et il y a une telle quantité d’informations, de péripéties, de digressions et d’ironie à encaisser que le résultat est forcément déstabilisant ! Tom Robbins n’y va pas de main morte avec ses lecteurs. Pas une page où il nous laisse tranquille, où il nous permet de décrocher et de nous permettre de rêvasser un peu paresseusement (j’avoue être une mauvaise lectrice parfois innocent ).
Il y a toujours un développement philosophico-scientifico-politique (et autres mélanges bizarres) sur une théorie jamais entendue jusqu’alors pour nous ramener à la réalité du livre.

Du point de vue de l’originalité et de la personnalité de l’auteur, pas de problème donc ! Je n’ai pas lu ses autres bouquins mais je pense que son style est reconnaissable de loin.
Les métaphores prêtent parfois à sourire, mais elles sont trop nombreuses et alourdissent parfois l’histoire qui, même sans cela, ne pourrait sans doute pas prétendre se lire comme du petit lait Suspect . C’est même parfois un peu lourd, avec l’impression que Tom Robbins veut en faire des tonnes, mais comment le lui reprocher ? Il se rattrape ensuite avec une petite thèse bien tordue tirée d’on-ne-sait-où (son cerveau est maléfique !) qui fait toujours plus ou moins réfléchir, malgré son air de ne pas y toucher…

Petite déception par contre pour le personnage de Sissy qui est étrangement le moins sympathique de tous (alors qu’elle est censée être le centre de l’histoire non ?). Je lui préfère largement le Chinetoque et toute la bande des médecins qui se triturent les méninges pour arriver à comprendre son cas. Mais la pauvre Sissy, à part ses pouces, n’a pas grand-chose pour elle… Impression de rester face au même personnage du début jusqu’à la fin.
Deux pouces disproportionnés ne suffisent pas à faire une héroïne de roman…

Bref, cette seconde lecture à tête reposée m’aura permis d’apprécier davantage l’écriture de Tom Robbins Very Happy. Ce livre mérite que l’on revienne dessus…

Quelques passages que j’ai bien aimés dentsblanches

Une théorie de la loose bien rassurante pour les gens qui connaissent souvent l’échec Razz :

Citation:
« Mais les projets sont une chose et le destin une autre. Lorsqu’ils coïncident, c’est le succès. Mais il ne faut pas tenir le succès pour un absolu. On peut d’ailleurs se demander si le succès est une réaction adéquate à la vie. Le succès élimine autant d’options que l’échec. »



Des descriptions réjouissantes et ravissantes…

Citation:
« Le parquet de danse luisait de bave tandis qu’y boitaient, chancelaient, glissaient et ballottaient les orteils de crabe et les talons de poulet de plus d’une vingtaine d’organismes désaxés, déglingués et bancals, et que dans le rougeoiement des lanternes chinoises faites à la main, palais fendus, bec-de-lièvre, mâchoires décrochées, tics, convulsions, bouches écumantes, yeux égarés, narines dégoulinantes et crânes pointus se trémoussaient sur divers tempos inspirés par un disque de Guy Lombardo et les modèles cinétiques de ceux qui étaient sur la piste. »



Des interventions fréquentes (et toujours pertinentes !) de l’auteur :

Citation:
« L’auteur n’est pas très fixé quant à l’existence ou non de ce qu’on appelle exagération. Notre cerveau nous permet d’utiliser une fraction tellement minuscule de ses ressources qu’en un sens, tout ce que nous ressentons est en réduction. Nous n’employons les drogues, les techniques yogiques et la poésie –et mille autres méthodes plus maladroites encore- que pour nous efforcer de ramener les choses à la normale. »



Tom Robbins et sa vision des livres :

Citation:
« L’auteur n’est pas très fixé quant à l’existence ou non de ce qu’on appelle exagération. Notre cerveau nous permet d’utiliser une fraction tellement minuscule de ses ressources qu’en un sens, tout ce que nous ressentons est en réduction. Nous n’employons les drogues, les techniques yogiques et la poésie –et mille autres méthodes plus maladroites encore- que pour nous efforcer de ramener les choses à la normale. »



Et pour terminer (j’ai gardé le meilleur pour la fin diablotin ), un passage où Robbins s’emballe carrément ! Un peu excessif le bonhomme mais il ce doit être son côté flatteur-gentleman innocent

Citation:
« Le nez qui s’offense des forts parfums du con n’est pas un nez fait pour ce monde, et devrait plutôt renifler de l’or sur les trottoirs récurés du Paradis. Le vagin embaume la vie et l’amour et cætera. O vagin ! Ton encens salé, ta fauve odeur de champignon lunaire, tes profonds relents de miel de crustacé qui se brisent comme des vagues contre l’acier froid de la civilisation ; vagin, fais besogner notre nez dans l’extase, et laisse-nous mourir en respirant les mêmes odeurs qu’à notre naissance ! »



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Published by Colimasson - dans Livre
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