Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 14:32



Je commence à être habituée avec Nothomb… Une intrigue prometteuse, un style moyen, un résultat décevant.

Avec Mercure, comme à son habitude, Amélie Nothomb nous pond une histoire totalement saugrenue et assure le pari de la mener à bien jusqu’à la fin. Françoise, infirmière tranquille à l’esprit toutefois assez tordu pour accepter de vivre les péripéties que lui impose Nothomb, fait la rencontre d’Hazel, une jeune fille dont elle a la charge de s’occuper. Cette dernière vit recluse sur une île, ne côtoyant personne d’autre qu’Omer Loncours, le bienfaiteur qui l’a recueillie suite à l’accident qui la laissa orpheline. Acte de bonté pure, il la protège et assure sa survie malgré ses horribles séquelles, ne lui demandant que la faveur, minime, de lui assurer des plaisirs charnels en temps voulu. La jeune fille ne trouve rien à redire à la situation, bien contente que quelqu’un accepte de s’occuper du monstre qu’elle imagine être. Car en réalité, Hazel n’a jamais été défigurée par son accident. Les miracles opérant, elle a même embellie depuis qu’Omer l’a recueillie et sa prétendue difformité n’est qu’un stratagème mis au point par ce dernier pour la garder auprès de lui et jouir de ses charmes avec la plus parfaite rapacité. Encore une fois, impossible d’échapper au thème récurrent de Nothomb : le couple monstre/beauté fatale.

« Pour la plupart des gens, aimer est un détail de l’existence, au même titre que le sport, les vacances, les spectacles. L’amour a intérêt à être pratique, à cadrer avec la vie que l’on s’est choisie. »

Malgré tout, il faut avouer que cette intrigue contient suffisamment d’imagination et de perversité pour aiguiser l’envie. En théorie, elle comporte tous les atouts nécessaires pour exciter le plus terne des lecteurs, mais en pratique, il faut bien se rendre à l’évidence : le style de Nothomb est d’une fadeur surprenante. Comment des idées aussi sophistiquées peuvent-elles naître en elle alors qu’elle écrit ses textes avec la platitude d’une rédaction scolaire, se plaisant surtout et avant toute chose à étaler quelques brides de théorie littéraire sur la Chartreuse de Parme ? Ces propos anéantissent tout son projet et font passer l’enjeu au second plan. Les dialogues réveillent un peu l’ensemble mais après des pages qui ne les voient jamais prendre fin, ils deviennent interminables et s’enferment dans une boucle absurde, se prolongeant de manière disproportionnée par rapport à la longueur totale du texte.

Originalité de ce livre : Nothomb lui a donné deux fins différentes. Mais une fois l’effet de surprise passé, on peut se demander : « Oui, d’accord, et alors ? » La pratique a beau n’être pas courante, doit-on pour autant s’extasier de cette « audace » qui, encore une fois, ressemble plus à un exercice de style scolaire qu’à un véritable besoin de la part de l’auteur ? Que l’on choisisse l’une ou l’autre des conclusions, de toute façon, aucune ne reste plus éblouissante qu’une autre. La vraie attente du lecteur n’a pas su être comblée : celle de tenir sous ses yeux un texte à la lecture stimulante.

Partager cet article

Repost 0
Published by Colimasson - dans Livre
commenter cet article

commentaires

Nico 19/02/2012 22:19

Je l'ai beaucoup aimé, celui-là, l'un des meilleurs de Nothomb, même si j'ai préféré Hygiène de l'assassin et Cosmétique de l'ennemi.