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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 19:00






Une fois n’est pas coutume, Alan Parker semble éprouver une affection presque louche pour les histoires d’enfermement qui virent à la folie… Individu, pauvre individu, toujours soumis à la bestialité des systèmes et à la loi du grand nombre…

Cette fois, dans Midnight Express, l’individu en question est Billy Hayes. Ce jeune américain, venu faire du tourisme en Turquie, ne pourra malheureusement pas rentrer chez lui. En cause, son choix fort judicieux de ramener chez lui, en guise de souvenir, deux bons kilos de haschisch bien frais… Passons outre cette image qui s’impose d’emblée à nous : Billy Hayes est un imbécile. Non, essayons de nous montrer compréhensif et de nous dire que, sans doute, Billy Hayes ne savait pas qu’il y avait certaines choses illégales, lui qui, en brave jeune homme innocent, ne demande qu’à s’amuser et à s’échapper de temps en temps d’un monde trop dur pour lui en ayant recours à de petits amusements végétaux…





Billy Hayes se retrouve donc en geôle en Turquie où, l’on verra, le monde n’est pas plus rose qu’à l’extérieur. Tant bien que mal, Billy Hayes survit dans cet environnement hostile dont Alan Parker a amplifié les traits à l’envi afin que son spectateur –qu’il estime sans doute aussi limité que son personnage- comprenne bien que la vie en prison –qui plus est en prison turque- est éprouvante. L’assaut ultime est donné lorsque Billy Hayes apprend que sa peine, qu’il était alors sur le point de purger, est transformée en détention à perpétuité. Décision relevant du gouvernement qui souhaite faire de son cas un exemple pour ceux qui aurait voulu suivre sa voie.




Toute cette histoire regorge de pathétique d’un bout à l’autre. Nous ne nierons pas que l’expérience vécue par Billy Hayes est sordide mais justement, elle l’est déjà tant en elle-même qu’il n’aurait pas fallu qu’Alan Parker nous recouvre encore de procédés mélodramatiques à ne plus savoir où donner de la tête. Le jeu des acteurs est lourd, tout en figures décomposées et regards bovins, en plaintes larmoyantes, en gestes lents… N’hésitez pas à surjouer, sait-on jamais, que le spectateur n’ait pas encore compris qu’il n’était pas devant une comédie mais devant un DRAME ! Quoique… après avoir tourné en rond sur lui-même pendant de longues dizaines de minutes, Billy Hayes finira quand même par trouver son salut. Jolie fin qui n’a aucun sens, sinon celle de rassurer le spectateur quant au devenir de cet idiot de personnage qu’il a talonné pendant deux heures : de retour en Amérique, enfin ! le pays des droits de l’homme ! libre à nouveau de s’envoler vers d’autres cieux par le biais des substances végétales –parce que même dans le plus beau pays du monde, il est parfois nécessaire de prendre un peu l’air…

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Published by Colimasson - dans Film
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