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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 09:49



En cette période préélectorale, la majorité des dossiers sont bouclés. Ne reste plus qu’à éluder la question de l’éducation. Admettons que vous soyez candidat aux présidentielles, en manque d’idées et pas motivé pour chercher l’inspiration en vous-même… Plongez dans ces carnets de voyages d’un jeune enseignant ! Constitué des (soi-disant) voyages effectués par celui-ci à travers le monde (vous connaissez, vous, la Caspédie, San Lucro ou encore la Boltavie ?), agrémenté de photographies, dessins et anecdotes rapportés par les hôtes de notre jeune enseignant (Olga, ma douce et tendre, qu’es-tu devenue ?), vous serez étonné par la diversité des systèmes scolaires qui régissait ces pays pas si lointains dans les années 70 ! Pas si lointains, oui, car à condition d’avoir un cerveau et un peu d’imagination, n’importe peu qui peut retrouver ces contrées en lui-même et s’étonner de la prodigalité de son imaginaire lorsqu’il est question de sujets aussi complexes et sujets à polémique que l’éducation.



Sur le mode léger et en se vouant à l’absurde sans limite, Plantive et Guérard nous livrent la description de pays loufoques, régentés par des systèmes d’éducation dont les conséquences se répercutent sur l’ensemble de la société. Preuve nous est donnée, ici, que le sujet n’est pas anodin et que les décisions en la matière ne doivent pas être prises à la légère. Mais puisqu’il est permis de laisser aller son imagination, ne nous gênons pas. Peut-être rêveriez-vous d’un pays dans lequel ce ne sont plus les élèves qui sont évalués, mais les professeurs ? A moins que le système de rétribution des élèves proportionnellement aux résultats obtenus lors des examens ne vous semble plus alléchant … ? Attention, le rêve tourne parfois au cauchemar. Plaignez les pauvres élèves de l’Etat de Mologne, dont les mauvaises notes sont punies par des coups de fouets des professeurs et des parents mécontents, ou ceux de l’Etat de Caliganie qui concentrent trente-cinq heures de cours sur deux petites journées seulement. Entre ces deux pôles de l’extrême, toute une ribambelle d’autres systèmes absurdes se côtoient : rejoignez le peuple des S’diop dont la seule éducation consiste à apprendre à réparer des frigos, entrez en Caspédie où la totalité des cours se fait à bicyclette, ou la Haute-Valtique qui détermine le destin de ses futurs citoyens en les plongeant dès le plus jeune âge dans les bassins de la piscine municipale.



En deux ou trois pages, ce « professeur » décrit chacun des différents systèmes scolaires qu’il aura pu observer avec un sérieux d’apparat en total décalage avec le contenu même du texte, loufoque et certainement pas crédible. Mais si nous prenons un peu de recul, n’est-ce pas ce même ton qu’empruntent les sociologues lorsqu’ils décrivent notre système scolaire actuel ? Serions-nous aussi ridicules que ces mologniens, ces caliganiens ou ces s’diop ? La question semble d’autant plus pertinente que chaque état semble finalement pouvoir nous en révéler un peu plus sur notre propre système scolaire… On reproche aux semaines scolaires d’être trop chargées : regroupons le nombre d’heures requis à un apprentissage correct sur deux jours ! ; le système est trop laxiste : lynchons les gosses ! ; le système crée une injustice entre le statut des professeurs et celui des élèves : donnons aux élèves le droit de juger leurs professeurs ! Et cette société absurde qui se consacre exclusivement à l’éducation aux frigos n’est rien d’autre qu’une caricature de nos bons vieux programmes scolaires, rigides et intouchables…

Plantive et Guérard feraient de très bons pédagogues : dotés d’un esprit original, adoptant une forme peu usitée et faisant recours à leur imagination, ils proposent à leur lecteur des pistes de réflexion stimulantes qui risquent bien de lui donner le goût d’approfondir la question…

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Published by Colimasson - dans Livre
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