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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 09:15





Monday aurait presque pu être drôle. S’il avait conservé l’énergie et la légèreté amusante de sa première demi-heure, le tourment de Koichi aurait pu devenir le nôtre et nous faire traverser les deux heures de ce film dans une gentille ébriété. Hiroyuki Tanaka nous montre qu’il a du potentiel mais il ne tient pas la longueur et il finit par se réfugier lâchement derrière des scènes convenues, parodies de films eux-mêmes parodiques, délires personnels opaques qu’on essaie de comprendre avant de baisser les bras.


Le scénario rappelle d’autres films : un matin, Koichi se réveille dans une chambre d’hôtel inconnue. Le garçon paraît sobre, sérieux, et son amnésie est surprenante. Que s’est-il passé depuis le début du week-end ? Des objets éparpillés autour de lui éveilleront peu à peu les souvenirs épars des deux derniers jours. Une incinération, des beuveries, des yakusas, une geisha… Quand les hommes de bonnes mœurs pètent les plombs, ils le font toujours très conventionnellement.


Les scènes se succèdent dans une frénésie qui donne l’impression de regarder une souris courir à l’intérieur de sa roue. Les dialogues, eux, sont pratiquement inexistants. Pour compenser ce silence, la caméra s’attarde sur les expressions des personnages poussées jusqu’au pantomime. On devine l’enchaînement des actions avant même qu’elles ne se produisent, et lorsqu’elles se produisent, elles ne suscitent qu’un vague soupir –à peine la satisfaction d’avoir deviné juste. Un potentiel gâché et un film qui rend à son tour amnésique.

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Published by Colimasson - dans Film
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