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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 15:31




Nous connaissions Marilyn Monroe sensuelle, découvrons à présent Marilyn Monroe martyre des temps modernes. A travers le regard de Colin Clark, jeune homme de 23 ans qui a réussi à se faire une place comme assistant du réalisateur sur le tournage du Prince et la Princesse, nous allons prendre conscience d’une terrible erreur qui a affecté le jugement de Marilyn Monroe par ses contemporains.

Présenté comme un dadais naïf venant tout juste de sortir de sa chaumière, Colin Clark, par le vide sidérant de sa pensée, nous permet d’aborder le personnage de Marilyn Monroe de manière apparemment neutre. En réalité, le jeune homme se transforme en éponge qui assimile tout et son contraire sans jamais ciller. D’un côté, il obéit au grand système cinématographique et veut bien croire que Marilyn Monroe est une actrice ratée, capricieuse et butée. De l’autre, il s’émerveille de voir la fascination qu’elle exerce sur les foules et, lorsqu’elle se penche pour faire l’étalage de son magnifique décolleté, il ne peut nier une seconde que sa personnalité (entre autres) est nimbée d’une force électrisante. Enfin, lorsqu’il entre véritablement en contact avec Marilyn, il hoche de la tête et boit chacune de ses paroles.



(je ne pouvais pas choisir meilleure représentation de Colin Clark...)


La rencontre entre le pauvre petit assistant du réalisateur et la grande star mondiale se fait d’une manière extrêmement fluide (simplifiée ?) : l’univers du cinéma est magique mais surtout irrationnel. Il éclipse tout ce qui lui semble superflu (mais qui ne l’est pas toujours) et réduit ses choix jusqu’à ce que chaque histoire ne ressemble plus qu’à un gros mensonge mal embobiné. De même que Colin Clark est fasciné par ce milieu qui se complaît dans les apparences, il tombe rapidement en fascination devant Marilyn Monroe, qui n’a pas besoin de chercher bien loin pour convaincre l’assistant de sa pureté et de son innocence. Il lui suffit de chantonner en prenant son bain, de parler d’une voix langoureuse, d’éclater de rire au moindre propos et de courir dans les prés. Image d’Epinal qui ne veut pas s’avouer telle puisque, pour tempérer l’apparente joie et superficialité de Marilyn Monroe, on nous balance entre temps des scènes pathétiques où l’on voit la grande enfant pleurer et essuyer son mascara. Son métier est trop dur, les gens lui demandent plus qu’elle ne peut en fournir : c’est ainsi que Marilyn justifie ses crises de larmes. Colin Clark, effrayé, ouvre soudainement les yeux et regarde l’industrie cinématographique comme il ne l’avait encore jamais regardée. Nid d’hommes cupides dont les intérêts sont prêts à écraser la pureté d’une pauvre nymphe blonde... Cet apitoiement sur le personnage de Marilyn Monroe la rend rapidement désagréable. On sent que le but de tout cet épanchement vise à tirer des larmes au spectateur, mais la manœuvre est menée de manière peu subtile et nous place dans une situation inconfortable. Dès cet instant, on se désintéresse du film et on se demande seulement jusqu’où va s’enfoncer cette théâtralisation d’une « vie ».



En réalité, à quoi sert My week… ? Certainement pas à apporter un nouveau regard sur Marilyn Monroe puisque, du personnage, nous n’apprendrons rien de plus que ce qui est déjà connu de longue date. A la limite, il peut être intéressant de passer derrière les caméras du Prince et de la Princesse et de voir les efforts qui ont dû être requis pour mener à bien son tournage. Mais surtout, en vue d’une conclusion qui se veut modeste mais qui s’avère racoleuse, on comprend que ce film est avant tout une pièce filmée du tableau de chasse de Colin Clark avec, pour trophée : dame Monroe. Bravo, bravo, félicitations ! On attend le récit des autres amants…

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Published by Colimasson - dans Film
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