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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 13:00






En se basant sur des études réalisées en Suisse, mais en prenant également en compte d’autres études effectuées dans divers pays d’Europe et aux Etats-Unis, Francesca Sacco et Alain Golay posent cette affirmation : les populations occidentales modernes n’aiment pas le sport. Ce titre est une accroche inexacte et les auteurs le savent puisqu’on pourra lire, entre les pages de leur document, que l’OMS donne pour définition exacte du sport : un regroupement « d’activités revêtant la forme d’exercices et ou de compétitions facilitées par des organisations sportives ». Ce n’est pas exactement de ceci dont veulent parler Francesca Sacco et Alain Golay, mais plutôt d’exercice physique (selon le programme PAPRICA, « il s’agit d’un sous-ensemble de l’activité physique défini comme un mouvement corporel planifié, structuré et répétitif, accompli pour améliorer ou entretenir une ou plusieurs composantes de la condition physique ») et plus généralement encore d’activité physique (selon l’OMS : « toute forme de mouvement corporel produit par la contraction des muscles squelettiques et résultant en une augmentation de la dépense énergétique au-dessus du métabolisme de repos »). Et sur ces fondements, de nous rappeler que, comme Mr Jourdain faisait de la prose sans le savoir, nous faisons souvent de l’activité physique sans nous en rendre compte –mais tout de même pas assez souvent, nous font remarquer les auteurs.


Est-ce à cause du format de ce livre ? à cause des nombreux graphiques et tableaux qui égaient ces pages ? du titre faussement ironique ? je pensais que Pourquoi nous n’aimons pas le sport se présenterait comme une parodie d’un de ces indénombrables manuels de coach. En fait, mieux que cela, ce livre s’engaillardit à coacher de futurs coachs ! –je voulais en fait parler de médecins.


Francesca Sacco et Alain Golay fournissent les arguments que leurs doctorants de lecteurs pourront utiliser pour convaincre d’éventuels patients réticents au sport de se convertir aux joies de la marche active, du jardinage voire, pour les plus ambitieux, de la course à pieds. On retrouve ce que l’on savait déjà, à savoir que la pratique régulière et modérée d’une activité physique entretient un organisme en meilleur santé qui vivra mieux plus longtemps, mais on apprend également que l’activité physique peut avoir de meilleurs résultats que la prescription d’antidépresseurs sur le moral de ses pratiquants. Une fois les faits établis et rappelés à la mémoire des plus cancres des docteurs, Francesca Sacco et Alain Golay exposent quelques-uns des arguments utilisés par les non-pratiquants du culte sportif pour justifier leur athéisme. Manque de temps, manque d’énergie, ou aveu franc d’une aversion, toutes ces explications ne devront devenir que de vilaines excuses, et les auteurs expliquent aux médecins de quelle manière ils devront persuader leurs patients de l’inexactitude de leurs considérations. En tant que patient éventuel, ces pages pourront également nous apprendre de quelle façon nous risquons d’être manipulés par la parole en cabinet, et de prévoir à l’avance quelques répliques bien senties.


Intéressant et curieux, mais pas non plus source mirobolante d’informations sur le thème du délaissement de l’activité physique au profit d’activités plus lucratives telles que télé/métro/journaux, Pourquoi nous n’aimons pas le sport est avant tout destiné à un lectorat de médecins, sponsorisés par Adadas et la Sécu.


Sur les inégalités en matière de pratique sportive :

Citation:
Hommes et femmes confondus, les personnes les plus actives sont celles qui ont accompli au moins deux années d’études après le baccalauréat (88%). La corrélation positive entre statut social et pratique sportive est confirmée dans toutes les études. On a souvent attribué ce lien aux coûts de la pratique elle-même […], sans que l’argument n’emporte véritablement l’adhésion des observateurs, puisque les classes sociales défavorisées délaissent également les activités physiques bon marché, comme la marche à des fins de déplacement ou de loisir. En fin de compte, il semble que le dénominateur commun entre niveau d’activité physique et revenu soit la qualité de vie des individus. Le goût du mouvement serait ainsi un plaisir de la vie, voire un « luxe ».




Les pratiques toujours étonnantes des EU :

Citation:
Aux Etats-Unis, la course à pied a été utilisée dès 1964 pour soigner les patients dépressifs. La pratique s’est répandue en Allemagne et en Autriche à partir des années 80. Les consultations se déroulent en plein air, par exemple dans un parc. Evidemment, le but n’est pas de transformer les patients en athlètes accomplis. Le rythme des foulées doit permettre de converser normalement. Autant dire que ceux-ci préfèrent souvent marcher. Certains thérapeutes rapportent même avoir traité des patients dépressifs qui s’arrêtaient pour pouvoir pleurer à leur aise.




Pourquoi l'activité physique serait-elle bonne pour le moral ?

Citation:

« Les personnes qui font de l’exercice pour sortir de la dépression ont le sentiment d’avoir une certaine maîtrise sur leur condition ; elles ont l’impression d’accomplir quelque chose par elles-mêmes et d’être responsables de leur mieux-être. Il est normal qu’elles y gagnent un surplus de confiance et un sentiment de compétence. »
Jean Garneau


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Published by Colimasson - dans Livre
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commentaires

belette2911 28/02/2013 18:44

Ils ont dû m'observer en cachette, les auteurs !!

C'est bon pour la santé de bouger, donc, je bouge.

belette2911 27/02/2013 18:52

Je n'ai plus mon chien, parti à un âge plus que canonique et je remarque que je sors moins le week-end, n'ayant plus l'obligation de mettre mon nez dehors avec le chien toutes les trois
heures...

Mais durant mon heure de table, au boulot, je vais marcher et je marche vite, même en ville, je vais du point A à B et je trace.

Sans compter les escaliers que je choisis à la place des escalators.

Matériel de pro, pas besoin, on peut faire de l'exercice en passant l'aspirateur et en se déhanchant dans tous les sens.

Colimasson 28/02/2013 09:07



Tu aurais dû contribuer à l'écriture de ce guide avec les auteurs ! :D


Bravo pour ta motivation quoiqu'il en soit ;)



belette2911 26/02/2013 21:04

Je me contente de marcher vite, de faire des balades le week-end et j'évite les salles de sport.

Le jogging, je l'ai pratiqué, mon chien adorait que je le promène en courant (seul inconvénient, un arrêt à chaque arbre pour la bénédiction canine) mais mon genou moins et il s'est fait
connaître.

Depuis des années, j'ai arrêté de courir.

Colimasson 27/02/2013 08:57



En te "contentant" de faire cela, tu obtiendrais largement la bénédiction des auteurs de ce livre... qui déplorent justement que beaucoup d'entre nous menons une vie à moindre activité physique
parce que nous nous imaginons qu'il faut pour cela un matériel de pro et beaucoup de temps libre.


La marche pratiquée régulièrement constitue déjà une bonne base d'activité physique.


Et le chien permet de souffler de temps en temps pour avoir plus d'endurance ? :P