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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 13:27
Quai d’Orsay – T1 : Chroniques diplomatiques (2010) de Blain et Lanzac



Blain au dessin, Lanzac à l’investigation… Ancien conseiller du Quai d’Orsay, ce dernier nous fait profiter de son expérience au sein de ces grands bureaux en mettant en scène un personnage dont la ressemblance avec Dominique de Villepin n’est absolument pas fortuite :dentsblanches :

Chaque chronique est introduite par une citation d’Héraclite censée représenter le goût du ministre pour tous les bons mots des grands maîtres à penser dont il semble friand :

« Je me suis cherché moi-même. »
« A l’âme appartient le discours qui s’accroît lui-même. »
« Présents, ils sont absents. »
« En se transformant, il reste au repos. »
« Fatigue c’est : peiner aux mêmes tâches et par elles commencer. »
« La sagesse : dire le vrai et agir selon la nature. »
« Errants dans la nuit : mages, bacchants, bacchantes, initiés. »


Citant à tort et à travers Mao Zedong, Marlier, Erasme, Montesquieu, Schumann, Jaurès… la représentation de De Villepin nous apparaît finalement comme un homme creux qui n’a de pensées personnelles que celles que d’autres ont déjà eues avant lui.
Toujours expert pour repousser les priorités à plus tard, oubliant les problèmes au Moyen-Orient pour assister à un repas avec le prix Nobel de littérature Molly Hutchinson (qu’il ne passera pas sans ses petites fiches de rappel), l’image qu’on se fait de lui n’est pas forcément des plus reluisantes mais amuse par les parallèles que l’on peut faire avec l’actuelle gouvernance du pays :dentsblanches :

Quelques bons mots grappillés dans cette BD :

Le ministre à Arthur :
« Vous n’avez rien compris, Arthur, il faut de l’histoire, de la profondeur pour émouvoir les peuples. Les Américains, il faut qu’ils comprennent que je les aime. Même s’ils sont perdus. La vérité, c’est que je les aime plus qu’ils ne s’aiment eux-mêmes. Ils ne savent pas s’aimer. Ils ne savent pas aimer du tout d’ailleurs. »

Alors que le ministre est en train de discourir :
« On dirait Frankenstein qui s’adresse aux sept nains de Blanche-Neige. […] Regarde-les, regarde-les tous ! Tous ces mecs, là… C’est des cyniques. Ils sont venus à Genève pour faire les soldes et récupérer des subventions. Ca leur glisse dessus comme de l’eau sur les plumes d’un canard en rut. »

En parlant du ministre :
« Il se plante parce qu’il fait comme une chauve-souris qui aurait un problème de réglage avec sa fréquence d’ultrasons. T’ouvres la fenêtre pour qu’elle puisse sortir, elle se prend quand même la porte. »

Le ministre et sa théorie des bons livres :
« Regardez par exemple ce livre. Vous voyez tout de suite qu’il est nul. Y a rien qu’est stabilossé. Alors que ça, là, j’ai tout stabilossé. Ca, c’est un bon livre. »

A propos du ministre :
« C’est l’arme de l’irréel. Il invente trois ou quatre concepts sans trop savoir ce qu’il va dire. Il répète ça partout jusqu’à ce que tout le monde en soit persuadé, sans comprendre exactement ce que ça veut dire. »



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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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commentaires

Li-An 03/04/2011 14:41


Et scroutch.