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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 09:37



Synopsis :

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Thomas, la cinquantaine, père de famille, arrive par hasard dans la ville de son enfance. Pris d’un malaise, il se réveille quarante ans plus tôt, dans son corps d’adolescent. Projeté dans le passé, il va non seulement revivre son premier amour, mais aussi chercher à comprendre les raisons du mystérieux départ de son père. Mais peut-on modifier son passé en le revivant ?



Difficile de regarder ce film en toute objectivité après avoir lu l’original de Taniguchi… Le pari de l’adaptation promet forcément d’être difficile à relever. Ne serait-ce qu’égaler la densité contenue en deux tomes de ce manga en un film d’1h40 relève de la gageure. Forcément, le film laisse dubitatif à plusieurs reprises.




Passons sur l’adaptation de l’histoire transposée du Japon en France. Après tout, pourquoi pas ? Le lieu de déroulement de l’action n’est pas primordial, en soi, même si les mœurs familiales japonaises et françaises doivent comporter un nombre de différences non négligeables… Mais cela reste un détail, et c’est même un essai intéressant que de transposer Quartier lointain à la société française des années 70.

En revanche, où est passée la légèreté de l’original de Taniguchi ? Qu’est devenue la famille qui savait rester souriante et soudée malgré l’étrangeté du comportement du père ? Que sont devenues la naïveté et la candeur de la petite amie du personnage ? Dans l’adaptation de Garbarski, tous les personnages sont joués avec une lourdeur qui vient sans cesse plomber les scènes. La mère, toujours triste, ressemble à un pauvre petit chien battu et sans fierté. Le père est profondément dépressif et, lorsqu’il ne travaille pas, il déambule dans la maison, sans but, les yeux vides, et il n’arrive pas à prononcer plus de trois mots d’affilée. Et que dire des réactions des proches de Thomas lorsque celui-ci se montre plus mature et plus serviable qu’auparavant ? Tout le monde cesse de parler, échanges de regards paniqués : « Mais qu’est-ce qui se passe ? ». Autant d’indications lourdes pour expliquer au spectateur qu’à tel moment, il doit comprendre qu’il se passe quelque chose de spécial, au cas où il ne l’aurait pas compris de lui-même…
Mais le spectateur abruti aurait bien aimé qu’on le dispense de ces indications et qu’on évite de bourrer le film d’ellipses à coups de fondus au noir. Pas bien original tout ça !



Ensuite, il faut encore se taper la médiocrité du réalisateur et partager avec lui les problèmes qui ont certainement dû l’assaillir lors du traitement de l’histoire originale dans sa transposition ciné. Quelles scènes supprimer sans nuire à la cohérence de l’intrigue, sans nuire à l’équilibre sentimental de façon à ne tomber ni dans le pathétique ni dans la rigidité ? Garbarski a du mal à choisir. Il garde pratiquement tout mais traite chaque scène en vitesse.
J’apprécie d’avoir pu lire le manga de Taniguchi avant d’avoir vu ce film, car je ne suis pas sûre que je n’aurais compris grand-chose à tout ce ramassis sans cela.

Bref, cette adaptation de Quartier lointain m’a semblée beaucoup trop lourde. Pas besoin d’appuyer là où ça fait déjà mal pour nous faire comprendre la gravité des enjeux de l’histoire. Pourtant, Garbarski se sent obligé de le faire du début jusqu’à la fin.
Fatigant.

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Published by Colimasson - dans Film
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