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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 18:01





Aucune indication en quatrième de couverture et un titre aux termes énigmatiques… Comment peut-on en arriver à tenir entre ses mains la Radiesthésie et émission de forme ? J. Pagot s’adresse à un lectorat difficile à cibler : celui-ci devra être suffisamment sensible au phénomène de la radiesthésie pour trouver un quelconque intérêt à s’instruire à ce sujet, mais il risque de se trouver dépassé par l’exposé de nombreux passages techniques aux termes barbares qui se présentent à la manière de kits de montage Ikéa © : comment créer son générateur de La Foye ? comment assembler son appareil de type Lakhovsky ? comment mettre en place le circuit électronique d’une antenne spirale ? …



Georges Lakhovsky et son oscillateur à ondes multiples




Ce livre s’adresse-t-il pour autant aux adeptes bien rodés de la radiesthésie ? Oui en ce qui concerne les passages sus-cités ; non lorsque J. Pagot, sans souci de cohérence visible, intercale entre deux chapitres une présentation ou une définition brèves des champs d’application de la radiesthésie. Finalement, la réponse à cette question du lectorat est aussi indéfinie que la réponse à cette question : « Qu’est-ce que la radiesthésie ? ». Dans le premier cas, on dira que, quoique cherche la curiosité du lecteur, il trouvera dans ce livre des éléments fragmentaires aptes à relancer son intérêt, au milieu d’une foule d’informations dont il ne saura que faire ; dans le deuxième cas, on devra bien s’avouer vaincu et reconnaître que la radiesthésie est un phénomène que l’on ne peut pas réduire à des comparaisons ou à des exemples préexistants au risque de la dénaturer. Phénomène de foire ? Arnaque ? Ou science rigoureuse, au même titre que la médecine et la technologie ? Ni l’un, ni l’autre…


« Les radiesthésistes touchés eux aussi par le développement des techniques et incapables d’élaborer un langage qui leur soit propre se croient obligés de singer les scientifiques, cela se ressent à la lecture des nombreux articles de la presse spécialisée, les auteurs souffrant de complexe d’infériorité demandent que l’on fasse ceci ou cela de façon à être reconnu « enfin » par les scientifiques. Cette attitude est fausse, la démarche de la radiesthésie est étrangère à la démarche scientifique actuelle qui a plongé dans la technique au mépris de la recherche. »




Plutôt exercice spirituel –comme l’aptitude au Marathon serait le résultat d’un long entraînement-, J. Pagot fournit quelques exemples pratiques que le lecteur peut mettre en œuvre en vue de son initiation. A travers l’exemple de la baguette du sourcier, nous comprendrons plus précisément que la radiesthésie s’apparente à une forme de langage : celui qui la pratique est rendu sensible aux émissions qui l’environnement (ces mêmes émissions qui peuvent vous faire sentir d’instinct, en rentrant dans une pièce où se trouvent plusieurs personnes, que le climat est tendu, orageux, serein ou joyeux…) et traduit ses « impressions » sous forme de signes qu’il aura préalablement établis de manière conventionnelle (la baguette du sourcier se relève au-dessus d’un point d’eau souterrain, le pendule tourne dans le sens horaire en réponse positive à une question, etc.).


« Des personnes vous diront qu’il ne faut pas, en mettant la table, croiser les couverts parce que ça porte malheur. Ces personnes vous citeront des exemples, elles-mêmes ou leur mère l’ont constaté bien des fois. On conclurait un peu vite à la superstition. En fait si croiser des couverts ne porte pas malheur en soi il est normal qu’une personne convaincue remarquera que chaque fois qu’elle a croisé les couverts un décès a été constaté dans son entourage. Que s’est-il passé ? Il s’agit d’un banal acte radiesthésique, la convention mentale, non formulée, est bien apparente « si je croise les couverts il y a aura un décès ». Il s’agit d’une pratique divinatoire, la personne en question fait très attention, en général, lorsqu’elle met la table, puisqu’elle croit qu’elle peut porter malheur ; or il lui arrive malgré tout de faire ce qu’elle évite. Pourquoi ? Il faut que ce jour-là, elle soit totalement ou partiellement en état second, elle pressent l’évènement à venir et extériorise ses sensations en croisant les couverts, seule action en rapport avec ce qu’elle ressent, compte tenu de son orientation mentale. »




J. Pagot fournit donc un exposé de présentation crédible du phénomène radiesthésique et ne verse jamais dans la complaisance ésotérique ni dans la prétention à l’exactitude scientifique. Mais s’il garde ses distances entre ces deux extrêmes, il évoque toutefois une gamme de phénomènes qui laissent le lecteur partagé entre crédulité et rire moqueur… Que penser, en effet, des harangues de J. Pagot contre « les productions artistiques actuelles, émanations de cerveaux délirants et déséquilibrés », ou contre la mauvaise disposition d’un « meuble placé en coin (je n’ai pas dit un meuble de coin) » qui « peut donner des maux de tête, des insomnies très fatigantes » ? Ceux-ci seraient capables d’affaiblir les moins résistants d’entre nous –parcelles d’humanité abruties par la dénaturation moderne. Il s’en suit des chapitres très engagés dans lesquels J. Pagot s’attarde sur des sujets aussi divers et quotidiens que le cancer, l’ameublement, l’alimentation, l’habillement, l’homéopathie, l’allopathie ou l’électronique.


Finalement, cette multiplicité des sujets abordés, jamais clairement définis mais englobés dans un système cohérent, permettent au lecteur de s’approcher au plus près de la radiesthésie. C’est le mieux que l’on puisse faire puisque, dans l’état actuel des choses, la majorité de l’humanité ne serait pas capable de comprendre un phénomène que le langage n’est pas apte à traduire de manière conventionnelle et qui subit, par conséquent, les méfaits cumulés de la vulgarisation scientifique et de l’ésotérisme, transformant cette forme de communication particulière en phénomène de foire controversé.





Un autre exemple des difficultés de compréhension du phénomène radiesthésique :

Citation:

Dès que l’on prétend qu’un corps émet on implique qu’un autre corps reçoit, et que quelque chose se promène entre les deux, ce ne sont qu’affirmations gratuites. Une influence pour se faire sentir en un lieu à partir d’un autre n’a pas nécessairement besoin d’un transport de quoi que ce soit, et qui plus est, en ligne droite. C’est cet aspect irrationnel qui bloque complètement les chercheurs dits scientifiques qui veulent absolument que les choses s’appliquent au canevas qu’ils ont inventé.




Sans surprise, Jean Pagot critique l'allopathie. Pour autant que ses positions sont extrêmes, tout n'est sans doute pas à rejeter dans ses considérations :

Citation:

Si, tant bien que mal, on fait semblant de maîtriser un certain nombre de maladies, ce n’est qu’apparence, les rétablissements, les guérisons sont le fait de l’extrême résistance des organismes vivants supérieurs. Mais toute chose a ses limites, les contraintes insensées sur les hauts vitaux entraînent des dégâts profonds. L’incroyable ignorance des processus vitaux affichée par ceux qui se chargent de notre santé ne peut qu’entraîner des actions qui conduisent à une aggravation de la situation et à rendre irréversible ce qui pourrait être sauvé.




Jean Pagot sait aussi se faire surprenant -ici en ce qui concerne le végétarisme :

Citation:

On préconise le végétarisme, par exemple, des résultats ont été obtenus, on ne saurait le nier, en conséquence on décide de passer au végétarisme, c’est-à-dire que l’on supprime la viande. […] Il serait plus prudent de diminuer seulement la quantité de viande car le régime carné résulte d’un développement mental et spirituel à un certain niveau, le passage au végétarisme doit s’accompagner d’une nouvelle formation amenant la compatibilité entre les nouveaux niveaux spirituels et les nouveaux régimes alimentaires. Une telle transformation ne se réalise pas en six mois. C’est ce qui explique l’étonnant contraste qui apparaît chez les végétariens, on trouve des gens dont l’état de santé exceptionnel ne supporte aucune comparaison mais aussi des gens qui paraissent aussi débiles de la cervelle que des muscles.




... le miel :

Citation:

En toute logique vitale seul le miel en rayon serait valable car il conserve sa charge intégralement. Une extraction centrifuge en extracteur en acier inox ramène la charge de 40 à 60% au premier ordre. La mise en bac en acier inox achève la décharge du miel qui ne présente plus alors qu’une charge de 5 à 10% au premier ordre, autant dire peu de chose. Quant à la pasteurisation finale, c’est une opération anti-technique mise en œuvre par des gens complètement ignorants des choses de la vie. Le miel est mort définitivement ce n’est plus qu’un support de calories au sens des diététiciens chimistes modernes.




... ou la gelée royale :

Citation:


Comment produit-on la gelée royale ? Une ruche étant orpheline ou sur le point d’essaimer, décide de produire une nouvelle reine. Pour ce faire les abeilles choisissent une larve, étire sa cellule en forme de petite chambre en saillie sur le rayon, la cellule hexagonale d’origine est donc déformée et agrandie, au détriment des cellules et des larves voisines. Ensuite cette larve n’est plus nourrie comme une larve ordinaire, elle ne reçoit que de la gelée, on le conçoit. Par conséquent on orpheline un noyau d’abeilles logées dans une ruchette de production. Des barres de bois sont placées dans la ruchette et munies de cupules de plastique, amorces d’une cellule royale, l’apiculteur dispose par ailleurs de ruchettes où l prend, larve après larve, le couvain ouvert disponible, et transfère les larves au fond des cupules, les abeilles nourrissent ces larves en vue d’en faire des reines. L’apiculteur à l’aide d’une micro-pompe ou d’une petite spatule, retire cette gelée et tue les larves royales.
La production de gelée s’accompagne donc d’un massacre, par milliers, de reines en formation. Notre expérience de radiesthésiste d’E d F nous porte à nous inquiéter de cette façon de faire, il en résulte certainement un impact sur la vie alentour. Il ne peut en résulter qu’un climat de mort, un climat anti-vital, dont les répercussions à terme, sur l’environnement et le rucher, ne peuvent être que néfastes.


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Published by Colimasson - dans Livre
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