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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 14:19

 



Des hommes aux chapeaux, des femmes avec parapluie, une ville sous la neige ou des vitrines de boutiques dont les reflets effacent la limite entre intérieur et extérieur… Les photographies de Saul Leiter se fixent sur les détails insignifiants. Ceux-ci finissent d’ailleurs par envahir tout l’espace des scènes, si bien qu’on deviendrait capable, au milieu de plusieurs clichés du même acabit, de repérer immédiatement ceux portant la patte de Saul Leiter. 


En introduction à ce petit ouvrage comportant soixante-cinq photos prises entre 1947 et 1963, Max Kozloff, critique d’art américain, nous explique en quelques paragraphes ce que nos yeux ont pu repérer au-delà d’une analyse picturale consciente :


« Les figures humaines y sont traitées d’abord en tant que formes ; ensuite seulement on y reconnaît ici un colporteur ou un boutiquier du trottoir, là un homme lisant son journal. C’est un univers d’échos et de ricochets, saisi sous des angles qui remettent à plat ces présences diverses qui animent l’espace urbain. »


Si les photos en noir et blanc véhiculent une certaine retenue des sujets photographiées, ce sont les photos en couleur qui captent entièrement l’attention. La technique employée par Saul Leiter entre en jeu :


« Parmi les photographes qui hantèrent les rues de New York des années 1950, il se distingue en ce qu’il semble jouer de sa caméra comme d’un thermomètre tout autant que d’un appareil optique. Tel est du moins ce que suggère son travail chromatique pionnier, qui dépeint la ville à travers les écrans de zones de température ostensiblement différentes : entre le lieu où il se tient, souvent dans l’ombre, et ce qu’il regarde, la température n’est pas la même. »


En quelques autres analyses ciblées, Max Kozloff aide l’œil du spectateur amateur à mieux saisir l’originalité des photographies de Saul Leiter. Cachés sous un auvent, entre les barreaux d’un lit ou derrière les vitrines des petites boutiques, on observe New York en clandestin. Parfois insignifiants, les clichés de Saul Leiter n’éveillent pas tous la même intensité de sentiment. Pourtant, ils s’apprivoisent avec le temps et l’habitude. Chacun semble avoir son histoire à raconter ; on ne s’y intéressera toutefois qu’à condition d’éprouver de l’intérêt pour l’anodin et l’anonyme. 



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Chinatown, 1956



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Don't walk, 1952



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Fête, 1952



Feu vert, 1955



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Kathy et Gloria, 1947



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Le parapluie rouge



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Les facteurs, 1952



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Published by Colimasson - dans Livre
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