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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 09:40




Synopsis :

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Italie, 73 av. J.C. Esclave devenu gladiateur, Spartacus est épargné par un de ses compagnons d'infortune dans un combat à mort. Ce répit soulève en lui plus que jamais le souffle de la révolte, et après avoir brisé ses chaînes, il enjoint les autres esclaves à faire de même. Rapidement à la tête d'une colossale armée, Spartacus entend rejoindre le port de Brides au sud du pays pour prendre la mer à bord des navires ciliciens. Mais l'Empire romain ne l'entend pas de cette oreille et lance ses légions à la poursuite des esclaves révoltés...



Spartacus, c’est un peu le film bâtard de Kubrick…
Appelé par Kirk Douglas, acteur qui avait déjà travaillé avec lui pour Les sentiers de la gloire, au début du tournage de ce film initialement dirigé par Anthony Mann, Kubrick a écopé d’un scénario de péplum à grosse production qui n’est pas du tout de son genre.
Je ne sais pas si Kubrick a eu la possibilité de modifier largement ou non le scénario de base mais le résultat lui ressemble peu. La psychologie des personnages n’a aucune profondeur et ils n’ont aucune alternative quant à la catégorie du monde à laquelle ils appartiennent : soit le bien, soit le mal. Entre les deux, aucune nuance.
Et puisque j’en suis aux personnages, parlons un peu de Spartacus, détestable dans son rôle de martyr sauveur des peuples qui endure sans broncher le moindre des sévices dans l’espoir qu’un monde meilleur lui survive. Comme tous les grands héros, il parle peu. Malheureusement, lorsqu’il parle, il s’emporte soit dans des discours révolutionnaires qui ne convainquent que lui et la horde de spectateurs en carton-pâte étalés à ses pieds, soit dans des envolées lyriques qui ne font se pâmer que sa chère et tendre écervelée. Cette histoire d’amour empâte le film et tombe comme un cheveu sur la soupe. Elle n’a qu’une utilité : rajouter une dimension tragique aux évènements subis par Spartacus. Ce qui n’est pas forcément louable…




Sinon, on peut toujours regarder ce film pour se payer une bonne tranche de rire devant les décors en carton-pâte. La nuit, les plaines sont oranges et violettes, tout est immobile, sauf quelques flammes qui crépitent au loin. Les branches et les feuilles des arbres restent inébranlables lorsque Spartacus et sa bien-aimée s’épanchent en ronronnements amoureux et autres galipettes au milieu de la forêt. Leur histoire est déjà peu crédible, ce n’est pas la peine de nous rappeler sans cesse qu’il ne s’agit que d’une fiction tournée en studios.



Pour couronner le tout, Spartacus est un film long (3h03, et les 3 dernières minutes seront les plus longues). Qu’en aurait-il été si ce n’était pas Kubrick qui l’avait réalisé (je ne l’aurais jamais regardé en tout cas) ? On retrouve heureusement quelques éléments de son génie tout au long du film, en petites touches discrètes qui ne justifient malheureusement pas de s’infliger tout le reste. Les scènes de combat, surtout lorsqu’elles nécessitent le déploiement de stratégies militaires minutieusement étudiées (et qui constituent par ailleurs certains des anachronismes du film) relèvent de l’esthétique géométrique bien connue de Kubrick, et certains dialogues aux connotations homosexuelles, sans être géniaux, savent redonner un peu de saveur au reste des propos plutôt ternes des acteurs.

Crassus – As-tu jamais volé, Antoninus ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – As-tu jamais menti ?
Antoninus – Pas, si je peux l’éviter.
Crassus – As-tu jamais déshonoré les dieux ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – Te refrènes-tu de ces vices par respect des vertus morales ?
Antoninus – Oui, maître.
Crassus – Manges-tu des huîtres ?
Antoninus – Lorsque j'en ai, maître.
Crassus – Manges-tu des escargots ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – Considères-tu que c'est moral de manger des huîtres et immoral de manger des escargots ?
Antoninus – Non, maître.
Crassus – Bien sûr que non. Tout est une question de goût, n'est-ce pas ?
Antoninus – Oui, maître.
Crassus – Et le goût n'est pas semblable à l'appétit et donc n'a aucun rapport avec la moralité, n'est-ce pas ?
Antoninus – Cela pourrait sans doute se discuter, maître.
Crassus – Ça suffit. Mes vêtements, Antoninus. Pour satisfaire mes goûts... il me faut des huîtres et des escargots.


Attention les yeux, la meilleure image pour la fin dentsblanches


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Published by Colimasson - dans Film
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