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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 13:02


La qualité de l’histoire d’un livre passe souvent au second plan de mon appréciation. Ce n’est pas pour autant que j’apprécie d’être complètement larguée par le propos de l’auteur.


Après une lecture longue et laborieuse qui m’aura vue loucher sur de minuscules phylactères et me questionner sur d’improbables (quoique magnifiques) dessins, j’aurais bien des difficultés à parler de Stray Toasters. En vrac : un psychologue spécialisé dans le crime, partagé entre son ex-femme et sa nouvelle amante, des meurtres d’enfants, des prises d’araignée, des psychotropes et des tartines de confiture. Bill Sienkiewicz virevolte d’un élément à l’autre et cherche visiblement à transformer l’art narratif pour le rendre le plus laborieux qu’il soit. Les textes ne sont ni spirituels, ni poétiques, ils sont surtout opaques et parfois racoleurs, flirtant entre le darko-goth bébête (« Des ailes de métal pour purifier le Magik Noir ») et la charge anticatholique obsolète (« Je vous salue Marie…pleine de grâce… heu… le Seigneur… Heu… non, heu… Voyons… Je vous salue… Je vous salue… Je vous salue… Je vous…salue… Oh… et puis merde »). Le texte pêche également par la multiplication des effets de style. Utilisés sans parcimonie et de manière répétitive, ils rendent la lecture plombante. Pour un peu, on se croirait projeté entre les pires pages d’Un château l’autre de Louis-Ferdinand Céline, bégaiements et points de suspension au palmarès des tics d’écriture épuisants.



En revanche, Bill Sienkiewicz se débrouille mieux lorsqu’il s’agit de charger ses dessins d’une atmosphère poisseuse. S’il pratique le scénario en grand amateur, il manie les crayons et les pinceaux avec brio, mélangeant des nuances improbables et vives, passant soudainement d’une atmosphère industrielle et glam au noir et blanc le plus torturé. Si les textes censés traduire la folie des personnages paraissent surfaits, Bill Sienkiewicz réussit toutefois parfaitement à nous faire tourner en rond dans les méandres imprévisibles que suivent ses dessins.



Malheureusement, cette discordance entre le texte et le dessin nous fait perdre prise en cours de route. Pas assez fou pour fusionner avec l’esprit de personnages schizophrènes ? Ou pas assez Bill Sienkiewicz pour parvenir à comprendre ses inventions... Dommage. Les dessins ne font pas tout, et même s’ils sont délectables, ils ne suffisent pas à convaincre quiconque ne parlerait pas le langage de Bill Sienkiewicz.


On s'amuse dans Stray Toasters...



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"Ce qu’il y a de bien quand on est petit… c’est de grandir… pour prendre sa revanche."



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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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commentaires

zazy 26/05/2013 13:51

Bon alors, je fais partie des gens bien polis !!!

Colimasson 27/05/2013 07:16



C'est un sage comportement que tu adoptes là :)



zazy 25/05/2013 11:31

Pourquoi s'excuser ? Je me suis rendue compte que je m'excusais, ce n'est pas de ma faute M'dame !!

Colimasson 26/05/2013 08:32



Bah, bah, bah... il semblerait qu'il faille s'excuser lorsqu'on n'aime pas un livre, pour ne pas choquer les mentalités intègres ! ;)



zazy 24/05/2013 14:29

T'avais pas pris de chocolat, c'est pour ça.

Colimasson 25/05/2013 08:38



Mdr t'as raison ça doit être pour ça (et je m'excuse même pas de dire que c'était pas top cette lecture dans le fond...)