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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 10:45




Le début de Tanguy semble introduire un film déjanté : les couleurs sont criardes, les décors et les costumes n’ont pas peur de faire dans le mauvais goût baroque et l’intrigue, limpide à en faire rougir le plus abruti, s’annonce dès que l’on apprend que Tanguy est né avec treize jours de retard…

Presque trois décennies plus tard, l’ambiance a changé. Visiblement, les années hippies colorées aux mandalas et parfumées à l’encens ont laissé place à un intérieur d’honnête couple bourgeois. Mais l’enfant –ce cher petit Tanguy- est toujours collé aux basques de ses parents. La situation, d’abord bien tolérée, finira par devenir de plus en plus conflictuelle à mesure que Tanguy reculera l’échéance de son départ. Précisons également que les parents subissent une pression croissante de leur entourage –pourtant pas concerné par l’affaire- pour virer le chérubin du bercail.



Tanguy est une ode à la convention sociale. D’abord traité sur le ton de l’ironie, les parents déploient toute leur cruauté dans l’objectif d’évincer Tanguy de leur domicile. Ils lui assènent une déferlante de coups bas dont l’intérêt s’épuise malheureusement très rapidement. Le comique de la situation de départ s’inverse : alors que l’on croyait rire de Tanguy, on finit par rire des parents. Malheureusement, le rire est gêné, il ressemble plutôt à la pitié qui se manifeste devant l’étalement de la bêtise creuse dénuée de toute inventivité, de toute originalité. Les sales manigances, déployées dès la première demi-heure du film, se succèdent à un rythme effréné jusqu’à ce que les deux heures se soient écoulées. Malheureusement, l’épuisement des idées se fait ressentir bien avant… Une succession de clichés et une happy end convenue plus tard, la folie kitsch du début a cédé à un mauvais-goût qui flatte le conventionnel.



Tanguy est un film drôle parce que « il vaut mieux en rire qu’en pleurer » mais quand même, ça laisse un peu triste dans le fond. Aux frigides du rire, on peut toujours rétorquer qu’il faut arrêter de vouloir accorder à la comédie une importance supérieure à celle qu’elle veut bien se donner mais quand même, quel dommage d’accepter qu’un film n’ait vraiment pas la moindre petite ambition –et même pas celle de vouloir insuffler un peu de joie à son spectateur…

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Published by Colimasson - dans Film
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