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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 11:52


Après avoir fini la lecture du premier volume de Tu mourras moins bête, une peur terrible m’assaillit, qui faillit me pousser à prendre la plume pour écrire une carte postale au docteur Moustache.

Docteur ?
Maintenant, comment vais-je faire pour ne pas mourir aussi bête que tous les autres jours ?


La réponse survint sous la forme d’un second volume.

Après nous avoir parlé de la fiction et des arrangements frauduleux qu’elle s’accorde avec la réalité, le docteur Moustache choisit ici de se consacrer à une autre forme de fiction scientifique : la biologie. Et on se désole de n’avoir pas eu ce doc’ comme professeur de biologie lorsque nous étions à l’école… Toutes les questions qui nous turlupinent peuvent enfin être posées, et quel soulagement, déjà, de les voir exprimées :


« Hier, après le repas, ma femme m’a dit (je cite) : « baise-moi comme une bête ». S’il vous plaît, expliquez-moi ce que je dois faire ?
E. Zemmour »



« Chère professeure,
A chaque fois que je me retrouve dans un corps humain, je me fais contrôler par les flics ! Y’en a marre ! J’ai rien fait !
Paulo pollen de tulipe »



Pas de sexisme, pas de racisme, pas de spécisme ni même de politiquement correct : le docteur Moustache accepte les questions de n’importe quel interlocuteur et se charge d’y répondre avec une vaillance constante et une précision digne du plus zélé des savants fous.


Plus drôle encore que le volume précédent, ce nouveau répertoire des sciences érudites du docteur Moustache s’oblige à trouver une nouvelle forme de narration pour s’attaquer au domaine plus abstrait (et plus redouté) des sciences biologiques. Lorsqu’il s’agissait d’expliquer les failles et les absurdités de la fiction cinématographique, n’importe quel zoulou pouvait (et osait) comprendre les explications du doc ; mais dès lors qu’on nous balance les termes d’ « apoptose », d’ « organe vestigial », de « stade anal » ou de « pygomancie », la foule se met en pagaille et prend peur. Plutôt que de détaler comme des lapins, nous voici condamnés à rester dans le clapier du docteur Moustache. Et tant mieux ! Jamais la science ne nous aura parue aussi simple, aussi populaire, aussi politique et aussi… peu scientifique ! Le docteur Moustache, c’est Oscar Wilde au pays des scalpels, c’est Woody Allen dans le monde des blouses blanches, c’est Freud sous cocaïne et c’est aussi toute une lignée de savants fous qui n’avaient besoin d’aucune substance pour se livrer à des expériences psychédéliques (Herr Sömmering et ses têtes guillotinées ou Stubbins Ffirth et ses ingestions de vomi noir).


Le docteur Moustache ne cherche pas à nous impressionner en nous faisant croire que la science est inaccessible au plus grand nombre. Au contraire, la voici catapultée au rang des préoccupations scatologiques du stade anal ! Et si cette destitution ne vous rend pas les choses plus parlantes, le docteur Moustache n’hésitera pas à illustrer ses cas d’exemples concrets tirés d’une réalité plus absurde encore que le cinéma ; où Sarko, Carla Bruni, Depardieu et les frères Bogdanov retrouveront une aura de vraisemblance lorsque le docteur Moustache aura élucidé le mystère de leurs comportements aberrants.


« Contrairement au président, les cellules nous protègent, nous nourrissent et sont même prêtes à mourir pour nous, pour nous défendre ou pour réguler leur prolifération. »



Et contrairement au président (n’importe lequel, on s’en fout), le docteur Moustache nous éduque, nous amuse et sacrifie même sa crédibilité pour nous, pour nous instruire et pour nous illuminer.



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Citation:

[…] retrouvons Stubbins Ffirth, un médecin américain qui voulait absolument démontrer que la fièvre jaune (autrement appelée « vomi noir ») n’était pas contagieuse.
Pour ça, le mec, il s’est incisé le bras.
Puis il s’est fourré du vomi de malade dedans (conseil Top Chef : pour faire une farce réussie, bien tasser le vomi !).
Mais Ffirth ne tomba pas malade. Il dut penser qu’il n’y était pas allé assez fort car la fois suivante, il s’appliqua le vomi… dans les yeux. Et il ne chopa toujours pas la fièvre jaune.
Ffirth passa donc le vomi à la poêle pour en humer les vapeurs. Puis il se fit des pilules de vomi qu’il avala, et comme ça ne faisait toujours rien (à se demander s’il ne voulait VRAIMENT pas que la fièvre SOIT contagieuse)… il finit par boire des verres de vomi…
Il dut se résigner et conclure que la fièvre jaune n’était pas contagieuse. En fait, elle l’est, mais par le sang et les moustiques.



Oh ! des figures connues...


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L'art de mettre en scène les phénomènes biologiques :



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Pour une réponse à la question posée par E. Zemmour : ICI !

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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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