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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:03



Avant d’aborder le commentaire de ce film, je dois me confesser… Francis Ford Coppola m’est un parfait inconnu. je n’ai jamais vu Apocalypse now, Dracula, ni même sa fameuse trilogie du Parrain. Je n’évoque donc pas ses autres films, qui me sont même étrangers de nom…

Faire une telle annonce d’entrée de jeu peut paraître surprenant car il ne devrait pas être nécessaire d’avoir une culture béton de la filmographie et de la biographie d’un réalisateur pour apprécier ses derniers films. Pour Twixt, il en va tout autrement. Comment apprécier le gothique aux lourds relents de romantisme sans connaître les influences sombres et tribales qui imprégnèrent les premiers films de Coppola dans les années 70 ? Comment ne pas avoir envie de se poiler devant cette histoire pathétique de la mort d’une enfant sans connaître le tragique de la vie personnelle du réalisateur ? Ces arguments d’autorité, même s’ils ne concernent que de loin sa deernière réalisation cinématographique, devraient rendre incontestable la qualité de Twixt. Quel malheur alors de n’avoir pas pu assister à la projection sans toutes ces connaissances préalables, car il ne me reste de ce film que le souvenir d’un nanar aussi incroyablement mauvais que les livres ineptes écrits par Hall Baltimore.




Heureusement, tout n’est pas à jeter. L’histoire du malheureux Hall Baltimore est traitée avec beaucoup d’humour et se déroule dans un milieu atypique qui confère au film la patte d’une personnalité bien marquée. Mais alors pourquoi Coppola cède-t-il soudain au conformisme lorsqu’il se lance dans des incursions fantastiques à base de vampires au teint blafard et aux longues robes blanches ? La description de l’univers parallèle est ridicule. Même un fan de Marilyn Manson se sentirait mal à l’aise dans cette mise en scène tout de toc vêtue. Il ne suffit pas d’invoquer Edgar Allan Poe pour justifier ses prétentions d’égaler le maître de la nouvelle fantastique…


La lutte que mène Hall Baltimore pour livrer un roman potable à sa maison d’édition semble transposer la lutte livrée par Coppola pour pondre une sorte de film qui en mettrait plein la vue à ses spectateurs. Tout au long du développement de l’intrigue, on sent transparaître, sous la difficulté de l’enchaînement des scènes, sous l’ennui et le conformisme du déjà-vu, les difficultés rencontrées par le réalisateur pour presser de son cerveau quelques millilitres de pure inventivité. Tout le reste n’est qu’une digestion bâclée de références que même le plus ancien moine troglodyte au monde doit connaître.

L’épilogue brutal qui s’abat en trente secondes sur la tête du spectateur est mortel … Impossible de se lever avant que le générique de fin ne soit achevé. Ca tue et ça laisse abruti… Ce n’est tout de même pas la fin du film ? On attend le twist, le vrai, la surprise renversante qui nous permettra d’appréhender l’heure et demie qui vient de s’écouler sous un autre angle et qui viendra nous confirmer que Hall Baltimore n’était qu’un objet de dérision comique, et pas un représentant minable de Coppola. Malheureusement, le générique défile et se clôt sur un écran noir. Le twist est complètement foireux. C’est peut-être là que réside son potentiel d’émerveillement –ou devrais-je plutôt dire : de déception…

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Published by Colimasson - dans Film
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