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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 09:29



Sôsuke, flemmard hédoniste, coureur de jupons et ronchon invétéré, se retrouve du jour au lendemain marié à Michi, dont le caractère calme et indulgent ne pouvait pas être plus incompatible avec le sien. La faute aux pères des deux jeunes gens qui ont mis en jeu la future vie conjugale de leurs enfants lors d’une soirée beaucoup trop arrosée.


Passons outre la question de savoir pourquoi les gamins ont accepté si facilement de se soumettre aux conséquences de la blague de leurs pères, et profitons plutôt des scènes qui découleront de cette union improbable. L’idée même du mariage forcé attire la curiosité… J’espérais que cette Longue route saurait évoquer les déboires provoquées par une union forcée et qu’elle saurait répondre à la question que le sujet semblait naturellement soulever : est-ce le mariage qui fait le couple, ou le couple qui fait le mariage ? L’envie de voir le malheur psychologique engendré par un mariage malheureux sur l’un ou l’autre des deux partenaires (voire les deux) n’était pas loin non plus, en même temps que je m’apprêtais également à lire avec plaisir le récit d’une entente conjugale construite au cours du temps, si jamais le récit se prêtait à un ton plus optimiste.




J’étais donc prête à accueillir pas mal d’idées différentes sur le sujet, mais jamais je n’aurais cru qu’il aurait été traité à la manière de Kouno, sur un ton aussi léger et sarcastique. Michi et Sôsuke paraissent être deux grands gamins sans aucune consistance psychologique. Jamais ils ne pensent à l’avenir et ne semblent attristés à l’idée de devoir terminer leur existence en compagnie de quelqu’un qu’ils exècrent. Ils vivent au jour le jour, se désolant seulement d’un manque de riz lors d’un repas un midi, ou se réjouissant d’une balade éclair un soir, en pleine ville. Ils savent que leur situation est désespérée, mais ils ne font rien pour la changer. Pour tout dire, ils n’y réfléchissent même pas. Ils s’énervent seulement un peu lorsque leur conjoint leur tape sur les nerfs, et l’histoire s’arrête là.
Il faut préciser que le format d’Une longue route n’est pas pour rien dans cette absence de développement psychologique. L’histoire est découpée en chapitres qui font rarement plus de quatre pages. Pas de quoi y développer des considérations très intéressantes. On dirait même que Kouno se sent obligé de conclure chacun de ces chapitres par une petite chute qui fait toujours retomber la gravité d’un épisode dans la bouffonnerie la plus totale. Même pas de quoi tirer un sourire.

Certaines scènes sont colorées, poétiques. On sent qu’il se dégage tout de même d’Une longue route une unité et une cohérence qui la rendent originale. La philosophie de Kouno serait peut-être de ne pas penser à ce dont l’existence nous prive, mais de se contenter de ce qui nous est donné, bon ou mauvais, et d’essayer d’en tirer le meilleur parti. Sage message, peut-être (et encore cela se discute), mais qui ne correspond pas à ce que j’espérais trouver dans ce livre (et puis, pas très novateur le message non plus…). Contentons-nous donc de ce que nous offre Kouno, et même si sa Longue route aurait pu être plus enthousiasmante, appliquons sa philosophie : la déception n’est pas un drame.

"Moi, j’aime les filles extravagantes, riches, avec qui je peux me disputer souvent ! Tout le contraire d’elle ! Ce n’est pas demain la veille que j’aurai une érection !!!"

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