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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 19:29

http://idata.over-blog.com/0/21/25/75/wilt_1_tom_sharpe.jpg

 

Le début semble prometteur. J’aime beaucoup les premières phrases du roman :

« Chaque fois qu’Henry promenait son chien ou, pour être plus précis, chaque fois que son chien l’emmenait promener ou, pour être exact, chaque fois que Mrs Wilt leur enjoignait de débarasser le plancher car c’était l’heure de ses exercices de yoga, il suivait invariablement le même chemin. Le chien le prenait docilement, et Wilt suivait le chien. »

Et puis, petit à petit, l’histoire s’enlise dans une suite d’évènements tous plus invraisemblables les uns que les autres. Je n’avais peut-être pas ouvert le bon livre si j’espérais trouver quelque chose qui soit un peu réaliste avec Tom Sharpe mais je ne crois pas qu’un enchaînement de péripéties abracadabrantes constitue quelque chose de passionnant pour le lecteur. A la fin, on finit par s’y habituer et par se lasser parce que l’effet de surprise et d’étonnement ne se produit même plus.

La critique de la société et des manières petit-bourgeois des proches d’Henry fait sourire, mais malheureusement ces réflexions sont trop rares. Je m’attendais à quelque chose d’un peu plus méchant…
J’apprécie toutefois beaucoup ce passage :

« Les Pringsheim et leurs affidés symbolisaient tout ce qu’il avait en horreur. Ils étaient frelatés, superficiels, prétentieux : une bande de clowns dont les excentricités, contrairement aux siennes, n’avaient même pas l’excuse de la naïveté. Ils faisaient non seulement semblant de s’amuser. Ils riaient pour s’entendre rire et faisaient étalage d’un appétit sexuel qui n’avait rien à voir avec un sentiment ou un instinct quelconque et n’était que le fruit sec de leur imagination rabougrie. Copulo ergo sum. Et la Sally Salope qui s’était foutu de lui parce qu’il n’avait pas le courage de ses instincts. Comme si l’instinct consistait à éjaculer dans le corps chimiquement stérilisé d’une femme qu’il avait rencontrée vingt minutes auparavant. Wilt avait réagi tout à fait instinctivement en fuyant devant cette concupiscence faite de goût du pouvoir, d’arrogance et d’un insupportable mépris qui présupposait que ce qu’il était, ce peu de chose qu’il était, ne représentait qu’une extension de son pénis, et que l’expression ultime de ses pensées, de ses sentiments, de ses espoirs et de ses ambitions ne pouvait être atteinte qu’entre les cuisses d’une pute à la mode. Et c’était ça la libération ? »

J’ai un peu peur de continuer avec la suite de la série. Ce premier roman m’avait déjà paru s’étendre dans des longueurs dispensables, je me demande ce que sera la suite…
En revanche, les commentaires que vous avez laissés sur Le Bâtard récalcitrant me font envie… surtout lorsque vous comparez le héros de ce livre à celui de La Conjuration des imbéciles ! :dentsblanches :

Autrement, j’ai entendu parler de films tirés d’adaptations de romans de Tom Sharpe : Wilt ou comment se sortir d’une poupée gonflable et beaucoup d’autres ennuis encore par Michael Tuchner et Sexes faibles de Serge Meynard d’après La route sanglante du jardinier Blott.
Si quelqu’un a déjà vu l’un de ces deux films, je serais curieuse d’entre son avis Razz

Et enfin, puisque l’on parle de Yankee dans Wilt 1, je ne peux m’empêcher de partager avec vous cet aphorisme de E. B. White Razz

Citation:
Pour les étrangers, un Yankee est un Américain.
Pour les Américains, un Yankee est un Nordiste.
Pour les Nordistes, un Yankee est quelqu'un de la côte Est.
Pour ceux de la côte Est, un Yankee est un habitant de la Nouvelle-Angleterre.
Pour ceux de la Nouvelle-Angleterre, un Yankee est un habitant du Vermont.
Et dans le Vermont, un Yankee est quelqu'un qui mange des tartes au petit-déjeuner.


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Published by Colimasson - dans Livre
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commentaires

kifud 25/02/2012 13:22

C'est parcequ'on s'identifie parfois aux réactions du héros de ce livre que nous sommes attirés par l'histoire invraisemblable qu'il va vivre..
j'ai beaucoup apprécié ce livre qu'il convient de ne pas sortir de son registre ( humour décalé sur fond de vérité)
kifud

Cédric 16/10/2011 15:15


Même avis sur Sharpe. Et contrairement aux conseils qu'on t'a donné, pour moi, "Le bâtard récalcitrant" (le seul que je me suis donné la peine de lire), est loin de "La conjuration" qui derrière
une drôlerie nettement plus fine, à mon avis, se mouille également un petit peu plus (il n'a pas de mal, je ne vois rien chez Sharpe) dans sa critique du contemporain. La finesse, je pense que
c'est ce qui fait la différence entre Toole et Sharpe.