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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 12:22





Si 90 minutes étaient vraiment nécessaires pour lire ce précis sur Wittgenstein, alors il en faudrait 15 fois plus pour lire, par exemple, le Tractatus logico-philosophicus dudit personnage. En réalité, on lira cet essentiel en moins d’une demi-heure pour la simple et bonne raison que si Paul Strathern nous dessine un portrait atypique et intrigant de Wittgenstein, il passe sous silence le développement, la structure et les implications de sa philosophie. C’est pourtant ce qu’on aurait aimé mieux connaître en priorité.


A défaut de nous faciliter la compréhension de l’essence même des textes de Wittgenstein, on découvrira le contexte de leur genèse et la place qu’ils occupent dans l’évolution personnelle de leur créateur. Cette méthode d’interprétation tient plus de la spéculation psychologique que de l’analyse formelle logique et –oserait-on le dire ?- philosophique, d’autant plus que Paul Strathern essaie de construire sa biographie à la manière d’un feuilleton à rebondissements, dressant de Wittgenstein le portrait d’un savant fou à peine humain mais hautement cosmique :


« A l’âge de dix ans, Ludwig invente et construit une machine à coudre miniature qui fonctionne avec des bouts de bois et du fil de fer. Dès l’âge de quatorze ans, il est capable de siffler l’intégralité des mouvements d’un bon nombre de symphonies célèbres. Ce sont là ses seules activités qui se rapprochent un tant soit peu des jeux d’un enfant ordinaire. »


Nous apprendrons donc à peine plus de choses dans ce précis que nous n’aurions pu en apprendre sur la page Wikipédia consacrée à Ludwig Wittgenstein. Paul Strathern semble pourtant avoir saisi l’essence du Tractatus logico-philosophicus, qui conclut son essentiel en ces mots :


« Conséquence de la seconde philosophie de Wittgenstein, les questions jadis posées par les philosophes sont entrées dans le domaine de la poésie. Vu le chemin que prend la poésie, il semble là aussi qu’on ne les posera pas très longtemps. Nous avons appris à nous passer de Dieu et il semblerait que nous allons devoir apprendre à nous passer de philosophie. Elle va rejoindre, hélas, les rangs des disciplines dont on a fait le tour (et qui sont devenues fallacieuses) telles que l’alchimie, l’astrologie, ou encore l’amour platonique et le stylitisme. »


… Ce que Wittgenstein avait déjà simplement résumé en quelques mots éclatants : « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire ».


(ceci dit, le plus intéressant à dire concernant Wittgenstein reste à venir...)


Paul Strathern a écrit:
« Bien entendu, Dieu entre dans la catégorie des choses dont on ne peut pas parler. Nous ne pouvons pas parler de Dieu puisque le langage ne fait que donner une image de la réalité. Wittgenstein prétend pourtant que des choses telles que Dieu existent : simplement on ne peut ni les dire ni les penser. »


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Published by Colimasson - dans Livre
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