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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 13:26





« - Je me sens triste ! Les autres vagues sont si grandes et moi je suis si petite. Les autres sont vigoureuses et je suis si chétive…
- Ton chagrin n’existe que parce que tu ne conçois pas ta véritable nature.
- Ne suis-je pas une vague ?
- La vague n’est qu’une manifestation transitoire de ta nature. En vérité, tu es l’eau.
- L’eau ?
- Si tu comprends clairement que ta nature est l’eau, tu n’accorderas plus d’importance à ta forme de vague et ton chagrin disparaîtra. »



Ce dialogue est l’un des premiers qui ouvre le livre Zen de Tsai Chih Chung. Ô surprise ! alors que je n’attendais rien de cette philosophie en particulier, me voilà déjà proche de l’illumination du Bouddha. L’adhésion intellectuelle n’est qu’une première étape de la compréhension. Reste ensuite à la vivre concrètement sur une courbe du temps qui n’a pas grand-chose à voir avec celle qui rythme la vie moderne occidentale : « Ne spéculez pas sur le passé ou sur l’avenir, mais vivez dans le monde présent. Nous devons à chaque instant comprendre ce qu’est l’instant ».


Le travail de vulgarisation de Tsai Chih Chung fonce à l’essence même de la philosophie Zen et en extirpe les leitmotive essentiels pour les résumer sur une, deux ou trois pages qui suggèrent plus qu'elles n’imposent d’explications. Les sources ne sont pas toujours précisées mais on imagine que Tsai Chih Chung puise dans les grands textes fondateurs pour choisir les images les plus parlantes qui illustrent les différentes leçons de cette philosophie. La construction interne est cyclique : un homme s’interroge, une situation vient le confronter à son questionnement, il en tire une conclusion qui se résume dans la dernière case. Pourtant, la construction de l’ensemble du livre nous montre une progression de la philosophie Zen. D’expérience en expérience, elle se fortifie, une illumination en conduisant à une autre, un abandon entraînant une liberté.


Le livre Zen de Tsai Chih Chung ne nécessite aucune connaissance préalable. Avant d’ouvrir cette bande dessinée, je n’avais pas d’autre vision du Zen que celle d’un homme assis en tailleur et méditant. Si cette image n’apparaît même pas ici, on comprendra en revanche la force douce et puissante d’une philosophie qui ramène les individus à leur véritable nature, qui est celle d’une Unité cohérente et continue. Les colères, l’envie, les querelles et la haine ne sont qu’une incompréhension de cette union à laquelle nous appartenons –de même que la fierté, la joie et sans doute l’amour, puisque toute hiérarchie des valeurs est abolie, la condamnation du mal perdant toute nécessité en même temps que la glorification du bien. La philosophie Zen semble avoir égrainé jusqu’à nous depuis l’illumination du Bouddha et les textes des grands maîtres japonais : Nietzsche et son surhomme se placent par-delà le bien et le mal tandis que Spinoza flotte dans une Unité qui abolit toutes les passions.


Même si Tsai Chih Chung parvient à nous conduire jusqu’à l’essence du Zen, nous donnant jusqu’à l’impression d’avoir compris les principes de cette philosophie, il garde toutefois la réserve de ne pas réduire le Zen aux quelques enseignements qu’illustre son livre. Ainsi, jamais cette philosophie ne prendra l’apparence d’une pratique stéréotypée, modulable au gré des besoins de chacun.


« Celui qui se dit détaché de tout doit abandonner l’idée même du détachement. Celui qui est attaché à l’idée du détachement ne connaîtra jamais la paix de l’esprit »


Essayez-donc pour voir… Tsai Chih Chung ne nous en dit pas davantage. Il éclaire son lecteur en partageant avec lui les informations nécessaires à la compréhension d’ensemble de la philosophie Zen et nous lâche ensuite dans la grande Unité avec l’envie d’en apprendre encore davantage.


L'Unité :


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La fable du corbeau et du renard made in Zen :



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Pour une tentative de détachement :



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Published by Colimasson - dans Bande dessinée
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