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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 14:49





Petit biquet deviendra grand…pourtant, personne ne l’aurait parié. Et c’est peut-être justement parce que personne ne l’aurait parié que John Kaltenbrunner est devenu l’ogre qui dévora Baker, sa bourgade natale.


Baker : encore un coin reclus des Etats-Unis, dégénéré en quelques siècles et décennies de consanguinité et d’immigration –comme si tous les pires relents de l’humanité s’étaient concertés pour se retirer dans une zone encore inhabitée du Nouveau Continent. Les pires ne sont pas ceux qu’on aurait pu imaginer –clochards, alcooliques, apatrides- mais surtout ceux qui, se distinguant à peine de ces catégories par le port d’un costume propre et d’une voiture fonctionnelle, se croient disposés à faire valoir leur loi éculée à la manière de petits rois furibonds. La crainte d’être minable semble d’autant plus grande que les probabilités de l’être sont avérées. Heureusement, Baker est une petite ville, et ses habitants semblent avoir trouvé un moyen de décharger leur angoisse de dépréciation sociale en lui permettant de s’incarner en l’un d’entre eux. La décharge cathartique ne s’effectue jamais consciemment : ainsi, John Kaltenbrunner ne sera pas élu du jour au lendemain comme représentant sur pattes de la cruauté de ses congénères, mais la pertinence de son élection se renforcera au fil des mois et des années, au gré de ses bizarreries comportementales, de ses passions obsessives, et d’une certaine forme de génie inquiétante.


Dans un climat de conte médiéval chargé de symbolique et d’inventions retorses, la légende autour de John Kaltenbrunner se forge peu à peu. Orphelin de père, mère sans joie, les sources de sa naissance ameutent les fantasmes les plus glauques. John s’élève d’un terrain stérile qu’il essaie de cultiver avec rage et acharnement ; alors qu’il a seulement neuf ans, il réussit à transformer la ferme familiale, la rendant non seulement productive et rentable, mais ne cessant outre de lui donner les moyens de s’agrandir et de se diversifier. John est un maniaque au génie agricole, acharné au travail, mais aussi profondément asocial. On comprend la fascination et l’effroi des habitants de Baker, et la transformation progressive de leurs sentiments en une traque acharnée contre ce pauvre hère qui s’est distingué de ses semblables sans jamais avoir semblé le vouloir.


Les atteintes portées au génie de John –aux seules émanations de la grâce qui parviennent à s’extirper de Baker- sont d’autant plus cruelles qu’elles révèlent la bassesse des intentions et qu’elles ne parviennent jamais totalement à miner leur victime. Au contraire, John Kaltenbrunner se gonfle et s’enorgueillit de sa vigueur, et résiste à tout va aux destructions, aux brimades, aux violences et à la diffamation. Pas un incendie, pas un saccage, pas un accident ne le feront dévier d’un aboutissement que lui seul semble connaître. En tentant de l’annihiler, les habitants de Baker finissent en réalité de parfaire sa constitution extrême. Son acharnement monomaniaque ne sera plus dirigé dans la construction d’un empire agricole mais dans la destruction de cette communauté flagellatrice.


Tristan Egolf possède un peu des caractéristiques de son personnage : avec une frénésie qui semble entièrement dirigée dans la volonté de décrire un microcosme poisse –sorte de terrain d’expérimentation pour humains dégénérés-, les descriptions s’enchaînent dans des envolées vers les recoins les plus obscurs de l’âme humaine, à un rythme soutenu ne laissant aucun répit. En tant que lecteur, il nous faut souffrir autant que John, et il nous faut ressentir la cadence effrénée de son destin. La première partie du Seigneur des porcheries est une ode à la destruction majestueuse. Mais une fois le climax atteint, la deuxième partie du livre se déroule avec un intérêt diminué, peut-être parce que John Kaltenbrunner, personnage désormais achevé et gonflé de haine à ras-bord, s’efface derrière la narration des employés de la décharge de Baker. C’est à travers eux que John décide en effet de prendre sa revanche, parce qu’ils représentent les déshérités de Baker –comme lui-, alors que sans eux, Baker croulerait sous les détritus. Même si le déchaînement revanchard et machiavélique des opérations menées par John ne fait pas perdre de sa frénésie au roman, celui-ci perd toutefois sa capacité à nous émerveiller. On comprend dès lors où veut nous conduire Tristan Egolf, et si l’acharnement de la plèbe contre John n’était pas vraiment compréhensible et pouvait susciter notre horreur dans la première partie du livre, le désir de revanche de John qui fait l’objet de la deuxième partie du livre semble légitime au point que ses pires machinations susciteront à peine l’étonnement.



Malgré tout, cet émerveillement sordide en partie occultée, il reste que le Seigneur des porcheries n’a pas fini de nous tourner dans la tête… Destin baroque, mystérieux… John Kaltenbrunner ne s’est pas exprimé une seule fois au cours des quelques quatre cent pages qui constituent le tracé de son itinéraire, et comme les habitants de Baker, nous devrons accepter l’idée de ne pas tout savoir.


« De toute notre existence, nous n’avions jamais vu quelqu’un qui soit animé d’une énergie aussi farouche. Plusieurs d’entre nous avaient approché Wilbur pour lui demander quel était le problème. Avait-il perdu tout son arbre généalogique dans une collision en chaîne de douze voitures ou quoi ? Des problèmes avec sa bonne femme ? Etait-ce la drogue ? Etait-il en conditionnelle ? Il devait y avoir une explication. Vu dans les rétroviseurs du camion, il semblait assouvir la soif de sang d’une vie entière sur quelques sacs d’ordures. Il en avait manifestement contre quelqu’un ou quelque chose, et nous n’étions pas entièrement sûrs que ce n’était pas nous. »


En cherchant à le détruire avec véhémence, la plèbe de Baker cherchait peut-être simplement à révéler quelque chose qui puisse être compréhensible dans le comportement de John. Ne reste qu’une légende, mais si parfaitement retranscrite que nous aurons l’impression de l’avoir vécue nous aussi…





Citation:
« Nulle part dans un pays on ne perpétue avec de telles œillères un système plus suranné d’éthique du travail germanique et de moralité à la noix que dans ce bidonville de baraques de chantier et de bureaux décatis qui jouxte le cimetière. Les programmes en vigueur sont éculés et démodés depuis des générations. La plupart des manuels remontent à plus de vingt ans. Les enseignants eux-mêmes sont souvent incultes, mal informés, non qualifiés, voire ignorants des plus élémentaires principes de la grammaire anglaise. La bibliothèque est un maigre dépotoir de littérature de gare, soumis à l’examen sourcilleux d’un comité de censure fondamentaliste composé de harpies méthodistes illettrées et de prédicateurs à la petite semaine. Malgré toute la pompe et le cérémonial qui entouraient les rencontres sportives et les remises de diplôme, la majorité des élèves quittait Holborn High en croyant dur comme fer que les dinosaures avaient disparu parce que Noé n’avait pas assez de place pour eux sur l’arche. »





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« Un de ces jours, [...] il allait comprendre qu’il était censé vivre les plus belles années de sa vie. »



Photos de Dorotea Lange
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 11:30






Drôle de combat que celui que mène Agrippine. La couverture donne le ton : mademoiselle est vautrée sur son canapé, en train de piquer un somme la laissant béate d’aise. Agrippine reprend sûrement des forces avant le combat…


Ce troisième volume de la série est à l’image de la couverture : on se demande à chaque moment quel est ce mystérieux combat auquel est censée se livrer Agrippine. Le début de l’album, jusqu’aux deux tiers, n’est lié par aucun fil conducteur particulier. Pour autant, et comme à chaque fois avec le personnage, on se régale de ses facéties, de ses contradictions et surtout de son vocabulaire incroyable –peut-être est-ce là un de ses combats ? celui contre la triste routine des mots ?




Et puis, enfin, Agrippine fait la rencontre de celui qui synthétisera toute l’incertitude de ses convictions en l’englobant dans le concept de « non-être ». On imagine mal Agrippine ne pas être –surtout lorsque ce comportement exacerbe en réalité toutes ses pulsions de vie. Devant le miroir de sa salle de bains, elle se livre à un remake moderne de Blanche-Neige –où elle incarnerait toutefois la vilaine sorcière qui se demande :


« Agrippine, Agrippine, qui es-tu ? Es-tu toi et si tu es toi, es-tu moi ? Où es-tu et si tu es là pourquoi es-tu enfermée en moi dans cette salle de bains ? »


Alors que Mick Jagger brandit la célébrité comme remède aux tourments existentiels et promet à chacun de connaître cinq minutes de gloire dans sa vie, Agrippine connaît seulement la déception : « Je ne sais pas quoi faire des cinq miennes ». Mais c’est là un flagrant mensonge : Agrippine ne se doute pas que nous suivons avec intérêt ses péripéties, et qu’elle est célèbre à son insu… mais jusqu’à quand ? On espère que les tourments du personnage ne révèlent pas ceux de sa créatrice et d’un éventuel manque d’inspiration…


Citation:

Si je mets bout à bout les moments de ma vie où je me suis senti vraiment exister, j’ai 2 ans ½.


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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:40





COLIMASSON A GLOBADOS :
Lorsque tout le monde sera devenu son propre biographe à travers le langage binaire des réseaux sociaux, qui aura encore le goût d’ouvrir un livre pour découvrir d’autres existences et d’autres pensées ?


Lenny Abramov, citoyen américain dans un futur proche, fait figure de résistant. Plutôt résistant mou qu’actif : s’il continue de lire alors que tout le monde croit que les livres puent (Lenny met du désodorisant pour se prémunir d’éventuels relents), ce n’est pas par velléité contestataire, bien au contraire. Lenny tremble à l’idée qu’une personnalité mal intentionnée ne découvre son vice, ce qui ferait chuter aussitôt son score de MASCULINITE et anéantirait toutes ses chances de faire bonne façon autour des gazelles à haute teneur en BAISABILITE qui s’agitent autour d’elle. Il n’empêche… Lenny ne se contente pas de streamer ou de scanner Les Chroniques de Narnia, non –il lit Tolstoï, « un LIVRE de mille pages » !


Un peu contradictoire cette passion pour les vieilles pages, surtout lorsqu’elle provient d’un employé des Services post-humains, normalement censé dédier son existence à la recherche de la vie éternelle. Dans une quête quasi-mystique, les taux d’hormones, de glucides, de lipides et de protides deviennent un nouvel échelon en face duquel les êtres humains se mesurent et se comparent. Plus aucune place ne semble être laissée à l’aléatoire. Les goûts ne relèvent plus de l’idiosyncrasie. Les äppäräts mâchent tout le boulot : ce sont eux qui décident de ce que chacun doit penser de son prochain. Une nouvelle forme de noblesse basée sur le pouvoir de la séduction, de la richesse et de la santé s’établit : les meilleurs avec les meilleurs, les pires restent entre eux. Dans une ambiance paranoïaque, où chacun s’efforce de se conformer à un modèle que les scores mesurés par l’äppärät ont défini, les sentiments et relations sincères ont perdu toute signification.


Est-ce parce qu’il fait partie de la vieille génération un peu désuète ? (il approche quand même de la quarantaine, ce qui est vieux), Lenny Abramov s’éprend d’Eunice, une jeune coréenne rencontrée en Italie, le pays des pâtes et des macarons glucidiques. Amour qui semble sincère –peut-être pas dans ses arguments mais dans son fond- mais qui n’a rien d’évident pour une jeune fille bercée par les critères de son äppärät.





Le monde de demain ressemblera-t-il à celui de Super triste histoire d’amour? Si Gary Shteyngart pousse la caricature d’un monde gouverné par des critères de santé et beauté à son apogée, il reste toutefois crédible en s’inspirant des prémisses que nous pouvons apercevoir dès aujourd’hui, en forçant un peu le trait. On ne saura pas comment la transition de la liberté promise par la technologie sera devenue une nouvelle tyrannie, mais le résultat se déploie dans toute son ampleur dès qu’on ouvre la première page de Super triste histoire d’amour. Immersion dans le fond, immersion dans la forme : l’auteur nous présente une histoire multi-support qui permet à différentes voix de s’incarner. Lenny Abramov le vieillot écrit dans un journal ! Eunice, Jennyfer, Sally, Joshie et consorts discutent entre eux par le biais de leur messagerie äppärät ou du réseau social Globados, avec toutes les libertés de ton et d’écriture que nous permet déjà aujourd’hui la messagerie instantanée, mais où s’ajoutent également des logiciels de flicage effrayants et des conseils douteux (« Tuyau de drague Globados gratis : les mecs adorent quand tu ris à leurs plaisanteries. Mais y a rien de moins sexy que toi quand tu veux les battre à leur propre jeu en jouant les bouffonnes ! Quand il sort une blague, souris pour qu’il voie tes dents et sache à quel point tu le « veux », et dis, « Qu’est-ce que t’es drôle ! » Tu lui suceras l’entrejambe en moins de deux, salope » »).


Et puis tout fout le camp. Les Etats-Unis perdent leur hégémonie, et les petits américains font moins leurs malins lorsque leurs äppäräts se mettent à débloquer. Plus question de mesurer son taux de de pH, de « sang intelligent » ou de « traitement bêta ». Retour momentané obligatoire vers les bases oubliées d’un ancien monde, parsemé de quelques technologies modernes rescapées. Retour qui ne s’effectue pas forcément pour le meilleur… parce que l’être humain, à partir du moment où il progresse sur une voie, ne peut plus faire marche arrière comme si de rien n’était.




Entre quelques réflexions sur l’éternité, l’identité, les origines et les relations sociales, Super triste histoire d’amour piétine parfois de longues pages durant. Comme Lenny Abramov, nous restons coincés dans un monde qui ne permet aucune liberté de pensée. Il faut avoir du cran pour résister à la tentation de la facilité, et on accueille avec un plaisir compréhensible les bourrasques verbales échangées sur Globados. Un monde qui calcule tout et nous évite de nous appesantir trop longuement sur la diversité et la complexité des caractères humains serait-il vraiment si horrible qu’on le pense ? Si l’histoire d’amour entre Lenny et Eunice est super triste, c’est parce qu’elle échoue lorsque tous les critères de mesure « objectifs » disparaissent, laissant libre cours au jugement de chacun de s’exercer selon ses propres critères. En ardent rétracteur de l’äppärät, Gary Shteyngart laisse à son tour son lecteur libre d’interpréter son histoire à sa façon, loin des normes du « bien » ou du « mal » -se cachant toutefois derrière une façade de quelques idées convenues parfaitement dispensables.






Tolstoï dans l'avenir :

Citation:


Bref, ce qui m’a un peu fait flipper, c’est que j’ai vu Len lire un livre (Non, ça PUAIT pas. Il met du désodorisant dessus.) Pas scanner un texte comme on avait fait en classiques européens avec La Châtreuse de Parme, je veux dire LIRE pour de vrai. Il avait sorti une règle et il la faisait descendre très lentement sur la page et puis on aurait dit qu’il se murmurait des petites choses à lui-même, comme s’il essayait de tout comprendre dans les moindres détails. Je voulais appeler ma sœur mais j’étais si gênée que je suis restée plantée là à le regarder lire, et ça a duré genre UNE DEMI-HEURE, et finalement il a posé le livre et j’ai fait comme si de rien n’était. Alors j’ai jeté un coup d’œil et c’était ce Russe, Tolstoï, qu’il lisait (ça paraît logique, vu que les parents de Lenny viennent de Russie). Moi qui prenais Ben pour une tronche parce que je l’avais vu streamer Les Chroniques de Narnia dans un café à Rome, mais le Tolstoï, c’était un LIVRE de mille pages, pas du streaming, et Lenny en était à la page 930, presque au bout.




« Mais inquiet, je l’étais. Comment ne pas l’être ? Signalé par une putain de loutre. Merde. »



Images de Miguel Navarro
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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:34





Loin des régimes hyperprotéinés qui font s’alterner uniquement viandes, œufs, poissons et sachets de poudre, Anne Dufour et Carole Garnier fondent dans leur livre les bases d’un régime riche en protéines qui sait rester souple et s’adapter aux besoins de son lecteur. Que l’on souhaite perdre du poids sans faire fondre sa masse musculaire, que l’on souhaite apprendre les bases d’une alimentation qui fournit son quota de protéines nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme ou que l’on souhaite adopter un régime végétarien (voire végétalien) sans mettre en péril sa santé, chacun pourra adapter les enseignements et les recettes de ce livre à bon escient.


Parce qu’elles ne sont pas affiliées à des intérêts financiers qui leur ferait prôner le « tout-animal » de certains régimes hyperprotéinés, revendiqués par des « médecins » qui vendent une gamme de produits à leur nom dans les supérettes, Anne Dufour et Carole Garnier rappellent les mérites des protéines végétales, trop souvent méprisées dans l’alimentation moderne occidentale :


« Notre alimentation devrait être constituée de 15% de protéines, dont la moitié apportée par les animaux, l’autre par les végétaux. Dans la réalité, nous mangeons deux fois plus de protéines animales que végétales. »


Des annexes utiles dressent la liste de nombreux aliments, accompagnés de leur teneur en protéines pour 100 g, afin de permettre au lecteur qui le désirera de faire ses propres recettes en fonction de ses besoins en protéines. Les excès ne sont pas nécessaires : sauf si l’on veut perdre de la masse graisseuse rapidement, les besoins quotidiens en protéines tournent en moyenne autour de 65g par jour pour une femme adulte. Mais tout n’est pas si simple, et en approchant de plus près le fonctionnement du corps humain, les auteures nous apprennent à connaître les bonnes associations qui permettent une assimilation maximale des protéines :


« Dans l’aliment, les protéines sont parfois accompagnées d’éléments qui freinent leur absorption, comme par exemple les fibres. Nous ne sommes pas exactement ce que nous mangeons, mais bien plutôt ce que nous assimilons ! »


De même, les protéines des blancs d’œufs crus sont moins bien absorbées que celles des blancs d’œufs cuits, et 100 g de tofu apporte 200% des apports journaliers recommandés de manganèse. Intéressant lorsque l’on sait que ce minéral permet de métaboliser correctement les acides aminés, élément de base des protéines.





Sachant tout cela, la deuxième partie du livre nous propose une liste de recettes variées, bien plus appétissantes qu’une seule assiette de blanc de poulet accompagné de son sachet de poudre protéinée. Piochez dans les soupes (velouté glacé de courgettes aux crevettes), les salades et autres apéritifs (citrons farcis au colin, petits flans de tofu, salade de chou chinois aux crevettes), puis choisissez votre plat de résistance parmi les viandes (filet mignon aux pommes et aux épices, lasagnes de chou chinois), les poissons (papillotes de limande aux baies roses, Parmentier cabillaud brocolis) ou les équivalents végétaux (gratin de chou-fleur au tofu, penne aux fèves et au basilic). Miracle, vous ne serez même pas obligé de vous priver de dessert : du lait, des œufs, des yaourts et un minimum de graisses vous permettront de composer, au choix, des bavarois, des cheese-cake, des crèmes brûlées, îles flottantes et panna cotta déclinés sous toutes leurs formes. Et bien sûr, pour mettre fin à toute concurrence déloyale, ces recettes sont simples et rapides à préparer –peut-être pas aussi instantanées que la préparation d’un sachet de poudre hyperprotéinée, mais sans doute bien plus satisfaisantes.


Ah ! une recette de tourteau fromager ! miammiam


Citation:
Tourteau fromager aux fraises

Pour 4 personnes :
300g de fromage blanc à 0% ; 2 œufs ; 2 c. à s. bombées de farine ; 4 c. à s. bombées d’édulcorant ; 1 citron ; 1 goutte d’extrait de vanille ; 8 petites fraises

Prélever le zeste du citron. Le plonger dans une casserole bouillante 30 s.
Préchauffer le four à 200°C. Battre le fromage avec les jaunes d’œufs, l’édulcorant, les zestes et la vanille. Ajouter la farine. Battre les blancs en neige ferme. Les incorporer au fromage blanc. Répartir les fraises en morceaux au fond d’un moule à manqué. Cuire 25 min (recouvrir de papier aluminium si la croûte dore trop vite).




Un exemple de crème dessert végétalienne :


Citation:
Crème-mousse au chocolat

Pour 4 personnes :
800g de tofu soyeux ; 2 c. à s. bombées de cacao amer ; 6 c. à s. bombées d’édulcorant ; 1 c. à c. de germe de blé ; 1 c. à c. rase de cannelle

Délayer le cacao, le germe de blé et la cannelle dans 6 c. à s. d’eau chaude. Ajouter un peu de tofu, mélanger, puis incorporer l’édulcorant et le reste du tofu. Passer au mixeur pendant 2 min. Faire prendre au réfrigérateur pendant 1 nuit.


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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 11:12






Dommage que le résumé de Tomboy ne permette pas au film de conserver intact le secret de ses premières minutes et de jouer avec les interrogations du spectateur. Malgré cela, le talent et les prouesses réalisées par Céline Sciamma nous permettent malgré tout de continuer à douter : l’enfant que nous voyons est-il une fille ou un garçon ? On a l’impression que les deux lui conviennent parfaitement et qu’il revient uniquement au spectateur de trancher, selon la focale qu’il choisit d’adopter.

Laure n’a pas décidé de son plein gré de se faire passer pour un garçon. Ce sont les circonstances qui l’ont amenée à mentir sur son identité. Nouvelle arrivée dans un quartier où personne ne la connaît, elle rencontre Lisa. Par quelques mots anodins, Laure comprend que celle-ci la prend pour un garçon, et plutôt que de rétablir la vérité, Laure se trouve un nouveau prénom : Mickaël. C’est aussi simple que ça. Céline Sciamma n’a pas envie de chercher des explications en remontant dans le passé de Laure ou en invoquant les failles du milieu familial dans lequel elle a grandi. Ce foyer, d’ailleurs, semble très humain et chaleureux, et Laure paraît s’y sentir à l’aise.




L’enjeu tourne plutôt autour de la difficulté à garder le mensonge intact. Souvent, il semble à la limite d’être démasqué. Ainsi lorsque les autres enfants, jouant à action et vérité, insinuent un rapprochement amoureux entre Lisa et Mickaël, lorsqu’il s’agit de jouer à torse-nu sur le terrain de football ou de passer un après-midi à nager dans le lac, chaque jeu anodin se charge soudain d’enjeux énormes, épreuves que Laure arrive à surmonter avec ruse, mais au prix d’interrogations qui surviennent bien trop tôt dans son existence. La petite sœur de Laure est bientôt prise au jeu du mensonge, mais lorsque ses parents prennent conscience de la supercherie dont leur fille a usé durant tout l’été, Laure est contrainte d’avouer la vérité à ses amis.






Encore plus talentueuse que dans la Naissance des pieuvres, Céline Sciamma innove dans une histoire imprévisible qu’elle ne cherche pas à dénaturer ou à rendre conventionnelle en y introduisant des éléments d’explication forcément oiseux. Le mérite revient aussi aux acteurs de tout âge –enfants, préadolescents, adultes- dont le ton sonne avec justesse et noblesse, parvenant ainsi à sublimer la réalisation de Céline Sciamma.

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 16:01






Arrêtez de rêver, ce n’est pas en regardant les Experts ou Grey’s Anatomy que vous pourrez avoir votre doctorat ! Demain, nous ne pourrons pas utiliser des lasers pour nous amuser à faire la guerre, conservez plutôt vos pistolets en plastique, ils vous seront plus utiles ! La téléportation, l’hibernation dans l’espace, l’avenir à la façon de Minority Report, la respiration sous l’eau comme dans Abyss, la pratique de Chéri, j’ai rétréci les gosses ne sont que des chimères qui ont été créées dans le but de vous faire supporter votre triste quotidien ! Tout ça, c’est du bidon ! La science, ce n’est pas aussi rigolo que le cinéma.

Qui pouvait nous enseigner une nouvelle aussi décevante, si ce n’était Professeure Moustache, première femme au monde à cumuler doctorat et moustache hitlérienne au-dessous du nez ? Fille illégitime d’Albert Einstein et de Stephen Hawking (seul miracle surnaturel que la Professeure voudra bien admettre), Internet lui a permis de propager son savoir par le biais du blog Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même).





Dans ce premier volume, nous retrouverons les planches les plus réussies publiées au début de l’existence du blog. Celles-ci trouvent leur cohérence dans le plaisir pervers qu’elles trouvent à détruire tous nos rêves naïfs de spectateurs, avides de prodiges cinéphiles et de science-fiction. Ne blâmons pas la Professeure Moustache : elle ne fait que répondre à nos questions. Ainsi, chaque chapitre est lancé par une « question d’internaute » plus fictionnelle que réelle :


« Chère professeure,
Je ne regarde pas les Experts à la télé. Moi je préfère Grey’s Anatomy. Avec tout ce que j’ai appris grâce à cette série, ai-je le niveau pour devenir médecin ? Hein ?
Yannick »



Et c’est parti pour une réponse qui, sous couvert de nous dévoiler l’absurdité de bien des créations échevelées de cinéastes tordus, nous permettra de comprendre que la science n’est pas aussi flexible qu’on veut bien nous le faire croire. Avec ses airs de savant fou, embarquée dans chacune de ses démonstrations avec manie et frénésie, la Professeure Moustache prend la relève des docteurs ès ‘Pataphysique (le Docteur Faustroll est peut-être son troisième père, qui sait ?). Sa verve intarissable, ses exemples dont l’absurdité est poussée jusqu’à l’extrême limite ainsi que ses références à des personnages faisant partie de notre héritage culturel (Derrick, Johnny Hallyday, Indiana Jones, entre autres grosses bêtes…) composent un savant pot-pourri surprenant et tordant. Professeure Moustache, sortez de derrière votre écran, clonez-vous et téléportez-vous dans chacune de nos écoles ! On prierait presque pour avoir comme devoir l’apprentissage par cœur de chaque chapitre de ce premier volume de Tu mourras moins bête. Passage en classe supérieure avec la suite de la série…


Une introduction qui donne le ton d'emblée :




Nicolas Cage en castor :





Pourquoi ce n'est pas une bonne idée d'utiliser un sabre laser pour couper du sauciflard...



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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 14:17





Tous cobayes part d’un rapprochement un peu trop osé pour paraître crédible : les OGM et le nucléaire, c’est la même chose. Il s’agirait en effet de deux techniques similaires, non pas dans leurs moyens, mais dans leurs fins. Plusieurs experts indépendants s’expriment, parmi lesquels Gilles-Eric Séralini et Corinne Lepage. Dès le début du documentaire, les similitudes entre OGM et nucléaire sont évoquées afin de mieux faire comprendre le cheminement du reste du film :
• Irréversibilité : Une fois l’hégémonie d’une souche issue des OGM assurée dans le domaine agricole, une fois la production nucléaire enclenchée, impossible d’annuler les conséquences qui en découleront.
• Monopole : OGM comme nucléaire sont des choix qui résultent des décisions et des intérêts d’une petite catégorie d’hommes au détriment de tous les autres.
• Perfidie : Anodines en apparence, lorsque les technologies des OGM et du nucléaire s’emballent et déraillent, la survie de l’espèce humaine est menacée.




L’homme peut-il vraiment assurer l’innocuité de ces techniques qu’il utilise sans recul ? Gilles-Eric Séralini et Corinne Lepage s’inquiètent surtout de la disproportion qui existe entre la précipitation de la mise sur le marché des OGM et du nucléaire, et les conséquences radicales –bien qu’exceptionnelles- de leurs défaillances. En ce qui concerne le nucléaire, personne ne peut nier ses « inconvénients » : avec Tchernobyl et plus récemment avec Fukushima, nous en avons eu la démonstration. Tous cobayes flatte notre conscience patriotique en insistant sur le fait que nous ne risquons pas d’être épargnés dans un futur proche : sur la carte de France, aucune zone n’est exclue de la possibilité d’une contamination radioactive, et de nombreuses crises ont déjà été esquivées, de justesse seulement. Un réacteur s’emballe en région parisienne ? Radioactif, le champagne français. Un réacteur s’emballe dans la région lyonnaise ? Radioactives, les banques genevoises. Un réacteur s’emballe en région bordelaise ? Radioactifs, les vignobles bordelais. Apparaît sur l’écran une simulation inquiétante réalisée par Greenpeace, qu’on peut retrouver sur CE SITE.



Michèle Rivasi et des habitants de la ville d’Iitate - Préfecture de Fukushima - Japon - 13 juin 2011


En ce qui concerne les OGM, aucune conséquence néfaste n’a encore pu être incontestablement démontrée. Pire, les rares expériences menées ont été conduites par des équipes de recherches asservies au géant Monsanto et leur durée n’excède jamais trois mois –comment peut-on observer l’apparition de quoi que ce soit en une durée aussi brève ? C’est pourquoi Gilles-Eric Séralini a décidé de conduire une expérience indépendante étendue sur une durée de deux années au sein du CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique). Des populations de rats soigneusement isolées de tout effet secondaire autres que ceux liés à l’alimentation ont été soumises à différents régimes, dont OGM agricole et pesticide Roundup. Les premiers résultats parlants apparaissent après la période-phare des trois mois. Le résultat de l’expérience peut être consulté SUR CETTE PAGE.




Tous cobayes est un film clairement engagé et au parti pris irrévocable pour la dénonciation des OGM. Doit-on pour autant négliger les conclusions qui ressortent de cette expérience ? Comme beaucoup ont tenté de le faire, il est facile de rabaisser certains résultats et d’invoquer le peu de ressemblances existant entre les rats et les êtres humains, mais le problème ne réside pas là : le plus grave, dans toute cette histoire, n’est-ce pas l’emballement qu’a pris l’essor des techniques des OGM et du nucléaire ? Qui a permis cela, si ce ne sont quelques groupes d’hommes aux intérêts financiers compréhensibles mais disproportionnés ? Pire encore, comment a-t-on pu les imposer au reste du monde en lui faisant croire qu’aucune autre technologie n’était disponible ? et que dans le fond, les actes barbares étaient commis en son nom, parce qu’il l’avait réclamé ?





La comparaison entre OGM et nucléaire laissait sceptique. Après avoir vu Tous cobayes, documentaire foisonnant et audacieux, on comprend mieux quels liens invisibles permettent à ces deux technologies de s’affirmer sans cesse davantage. Le pessimisme ne doit pas faire baisser les bras : des solutions sont proposées dans le film et évoquées par des paysans français, des écoles agricoles sénégalaises et l’équipe de recherche du CRIIGEN. Dérisoires, peut-être, à l’échelle mondiale, et c’est pourquoi Tous cobayes cherche à les mettre en évidence et à faire prendre conscience au spectateur qu’il est possible de les concrétiser et de les rendre viables s’il agit en ayant conscience de la portée de ses actes.




Une utopie ? Peut-être… Mais contrairement à celle de Thomas More, on ne rêve pas ici d’un monde meilleur, seulement d’un monde moins pire.



Le site officiel


Le livre de Gilles-Eric Séralini, publié suite à l'expérience :

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 15:19
 





L’opritchnina d’Ivan le Terrible, milice spéciale représentée sous les signes du chien (celui qui attrape les traîtres) et du balai (celui qui les nettoie pour laisser table rase), symbole de la « Sainte Russie orthodoxe » du 16e siècle, ressuscite cinq siècles plus tard, en 2028, à cause de Vladimir Sorokine.


Vladimir Sorokine a dit : « En Occident, être écrivain est une profession, chez nous, c’est un travail de sape : l’écrivain sape les fondements de l’Etat ». En tant qu’écrivain, on comprendra donc que rien de ce qu’il n’écrit n’est anodin. Quel intérêt aurait-il eu à évoquer cette vieille milice disparue de l’opritchnina si, justement, elle n’avait pas disparu ? si, au contraire, elle n’était pas restée intacte, se contentant seulement de changer de nom, de changer de forme ? Ce n’est un secret pour aucun lecteur : en décrivant la journée d’un opritchnik, Vladimir Sorokine prétend à peine s’emparer de la forme fictionnelle pour nous décrire la Russie politique d’aujourd’hui, à deux ou trois métaphores près.


Vingt-quatre heures, ni plus, ni moins, et nous suivons les tribulations de Komiaga, opritchnik plutôt haut gradé, bien qu’il reste encore sous les ordres du Patron, lui-même dirigé par le Souverain. Au-dessus, bien sûr, Dieu le Saint orthodoxe. Parmi ses aventures, le trivial et le vital alternent sans cesse : entre les orgies de bonne chère/chair, d’alcool et de serpelets, entre les heures de détente passées au sauna et les visites à l’opulente et magistrale souveraine, viennent s’intercaler de tristes affaires d’Etat qu’il vaut mieux régler le plus rapidement possible à coups de perceuses, de lasers et autres moyens que le sadisme technologique rend plus redoutables qu’au siècle d’Ivan le Terrible.


Beaucoup moins dense que cet autre texte de Vladimir Sorokine, Le Lard bleu, la journée d’un opritchnik semble n’en être qu’un extrait ayant subi une légère variation. Lorsque le premier ajoutait à la description viciée d’une hiérarchie politique totalitaire, une intrigue tordue donnant à réfléchir sur de nombreux aspects culturels, le second se contente de lui-même. Sans but, cette journée vouée à la répétition éternelle pourrait revêtir les aspects de l’absurdité, si ce n’est qu’au sein de l’opritchnina, aucune journée ne se ressemble.


Moins d’emphase, moins de délires, moins de crimes, mais encore beaucoup de débauche et de violence : entre le trop et le pas assez, cette journée d’un opritchnik échoue à donner une représentation convaincante du travail de sape recherché par Vladimir Sorokine. L’excès donne naissance à une caricature dont l’écrivain serait le bouffon-créateur, voltigeant sans se laisser capturer par toute une hiérarchie qu’il dénonce. Même si les intentions de Vladimir Sorokine sont louables et tout à fait compréhensibles, Journée d’un opritchnik est un texte décevant pour qui aurait lu son Lard bleu. Léger, bien trop léger, il nous abandonne comme Komiaga lorsqu’il se réveille chaque matin, après une nuit de cuites, la mémoire totalement vierge des méfaits de cette nouvelle opritchnina.

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 11:53





La Religieuse de Guillaume Nicloux n’est pas un personnage profond et réaliste auquel il sera donné de s’attacher. C’est bien simple : dans 50% de ses apparitions à l’écran, on la voit en train de dormir ; dans les 50 autres %, on la voit en train de pleurer, de geindre et de gémir par monosyllabes. Et cette complainte malheureuse est portée par une actrice qui peine à prendre son rôle au sérieux (peut-être n’a-t-elle pas tort d’ailleurs). Son texte est récité comme une poésie, le ton forcé, et ses mimiques se résument à des froncements de sourcils grotesques.




L’adaptation du roman de Diderot semble avoir pâti de raccourcis et d’ellipses qui rendent le film souvent incohérent. Certaines explications font défaut, sans doute parce que Guillaume Nicloux s’intéresse peu à ses personnages et ne cherche pas à rendre leur comportement légitime aux yeux du spectateur. Ainsi, si la première intégration de la Religieuse au couvent se solde par un échec et un retour au bercail parce qu’elle y a été envoyée contre son gré, on aurait pu imaginer que sa seconde entrée au couvent, volontairement accepté cette fois, se serait déroulé différemment ; mais non, on a l’impression de revivre la même scène, ce qui aurait pu nous être épargné sachant que ce film pèche par ailleurs par sa longueur.


Comme je trouve que cette pensée de Nietzsche convient bien à de nombreux films, je l’applique particulièrement au cas de la Religieuse :


« […] l’artiste s’est avili à ses propres yeux et n’a pas même pu s’empêcher d’en rougir : nous avons honte avec lui, et sommes offensés de sentir que c’était à cause de nous que l’artiste croyait devoir s’avilir. »





Ici, Guillaume Nicloux s’avilit en se roulant dans la boue de la misère et du désespoir. Il en rajoute des tonnes : dès le premier jour de son entrée au couvent, Suzanne menace d’être détruite par une religieuse « possédée », puis la Mère meurt, projetée dans un puits, ensuite ce sont des brimades, des humiliations, du chantage sexuel… Certes, cela a pu exister, mais l’accumulation et la rapidité de la succession de ces évènements à l’écran semblent uniquement justifiées par l’envie de choquer le spectateur –tout du moins de provoquer en lui de petits remous de dégoûts censés l’ébranler du haut de son confortable fauteuil de cinéma. Mais cela ne marche pas. Parce qu’on s’ennuie, parce que rien n’est crédible, parce que les personnages ne semblent pas humains ni même vivants, il peut bien leur arriver tous les malheurs du monde : ceux-ci ne suffiront pas à dissiper notre honte de nous être avili en même temps que Guillaume Nicloux.

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 12:53





Abracadabra…que cet horrible son d’avoine se transforme en plats appétissants ! Outre leurs vertus appétitives, ceux-ci ont également le pouvoir de rendre meilleur de l’intérieur quiconque osera le dévorer… Avant d’en venir aux fourchettes, Claire Pinson nous enseigne les quatre bénéfices du son d’avoine :
• Il a un effet rassasiant : en absorbant jusqu’à 25 fois son poids en eau, il prend de la place dans l’estomac et coupe la faim naturellement, en fournissant toutefois de l’énergie ainsi que des nutriments (ce que le Mediator n’avait pas la générosité de dispenser à ses consommateurs).
• Il abaisse la glycémie et évite l’apparition de fringales intempestives.
• Il abaisse le taux de mauvais cholestérol : même si la théorie du mauvais cholestérol est controversée, il est incontestable que le son d’avoine, en formant un gel visqueux dans l’estomac, emprisonne une partie des graisses que nous mangeons.
• Il prévient l’apparition de certains cancers digestifs : pour la même raison que celle évoquée ci-dessus, le gel formé par le son d’avoine permet de capturer des substances nocives et de limiter leur contact avec les parois du système digestif.
(l’auteure ne précise pas toutefois ce qu’il advient des nutriments, vitamines et minéraux indispensables à l’organisme : sont-ils miraculeusement épargnés par le pouvoir captant du son d’avoine ?)


Charmés par les vertus théoriques du son d’avoine, la deuxième partie du livre se chargera de nous convaincre de ses vertus pratiques. Le son d’avoine, croisement entre chapelure et flocons de céréales, ne semble pas pouvoir se décliner à l’infini… et pourtant ! Avec un peu d’astuces, on découvre qu’il peut se substituer à la farine classique dans le domaine de la pâtisserie, permettant alors de confectionner des pâtes à tartes, des pâtes à pizzas, des crêpes, des blinis, des gâteaux et toutes sortes de pains. Dans les accompagnements de plats, saupoudré sur des gratins ou des clafoutis de légumes, il apporte du croustillant après passage dans le four, et il permet de remplacer la chapelure pour confectionner des boulettes ou des croquettes de poissons légèrement plus croustillantes. Le son d’avoine se révèle être un ingrédient d’une simplicité d’utilisation extrême laissant place à toutes les fantaisies d’utilisation. Laissé gonfler deux minutes dans un liquide (eau, bouillon, lait, jus de fruit…), il peut ensuite être agrémenté à l’envi (sucre, sel, poivre, herbes, cannelle, gingembre, fruits secs, dés de fruits ou de légumes…) et cuit à la poêle en moins de cinq minutes.


Autrefois méprisé parce que considéré comme étant l’aliment du pauvre, le son d’avoine mérite justement qu’on s’intéresse de nouveau à lui. Merci les temps de crise.


Recette testée et délicieuse :


Citation:
Cookies aux pépites de chocolat

20 cookies

12 c. à s. de son d’avoine ; 100G de pépites de chocolat noir ; 2 blancs d’œufs ; 4 c. à s. d’édulcorant à cuire ; sel
Battre les blancs en neige très ferme avec le sel. Incorporer l’édulcorant, battre encore. Ajouter le son et les pépites. Bien mélanger. Déposer de petits tas sur une plaque allant au four. Cuire 10 min.




A tester...

Citation:

Gratin de fenouil à la cannelle


Pour 4

4 bulbes de fenouils ; 50 cl de coulis de tomates ; 4 c. à s. de son d’avoine ; 10 cl de lait de soja ; 2 tomates ; piment de Cayenne ; 1 c. à c. de cannelle ; sel ; poivre
Préchauffer le four à 200°C. Cuire les fenouils en morceaux pendant 3 min. Les placer dans un plat à gratin. Verser dans une casserole la tomate en dés, le coulis, le piment, le lait, le son d’avoine et les épices. Porter au seuil de l’ébullition et cuire 5 min. Verser sur le fenouil. Saupoudrer des 2 c. restantes de son d’avoine. Enfourner 25 min.




Citation:
Cake à la tomate

150G de farine de maïs ; 1 œuf ; ½ sachet de poudre à lever ; 4 c. à s. de son d’avoine ; 2 c. à s. de son de blé :; 150G de fromage blanc en faisselle à 0% ; 30G de feta ; 4 c. à s. de concentré de tomates ; 50G de tomates séchées ; 1 bouquet de basilic ; sel ; poivre
Préchauffer le four à 210°C. Disposer la farine en fontaine. Ajouter les ingrédients. Cuire 25 min.




Citation:
Pâte à tarte aux petits suisses

300G de farine de maïs ; 4 c. à s. de son d’avoine ; ½ sachet de poudre à lever ; 3 petits-suisses ; 1 c. à s. d’huile d’olive ; sel




Citation:
Galettes irlandaises (oat cakes)

Pour 4 personnes

10 c. à s. de son d’avoine ; 50G de farine de blé ; 25G de fromage blanc à 0% ; sel ; eau.
Préchauffer le four à 210°C. Mélanger le son, la farine, le fromage blanc et le sel. Ajouter de l’eau jusqu’à obtention d’une pâte homogène. Former une boule, l’abaisser au rouleau. Découper des galettes à l’aide d’un emporte-pièce. Placer sur une feuille de papier sulfurisé et cuire pendant 20min.


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