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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 11:52
Un pacte avec Dieu (1978) de Will Eisner




Résumé de Will Eisner :

Citation:
Au 55, Dropsie Avenue, dans le Bronx, à New York –non loin du métro aérien- il y avait cet immeuble. Dans ces appartements vivaient, avec leurs familles, divers petits fonctionnaires, ouvriers, commis…tous déterminés à survivre, occupés à élever leur progéniture et à rêver d’une vie meilleure. Les histoires qui suivent décrivent la vie telle qu’elle était dans ces immeubles pendant les années 30. Ces histoires sont toutes véridiques.



Recueil de différentes histoires se déroulant toutes dans le même contexte et mettant en scène des personnages issus d’une même catégorie sociale : les juifs de Brooklyn, cet ouvrage présente de gros déséquilibres.

Un pacte avec Dieu, qui donne son nom à l’ouvrage, nous parle d’un Juif qui perd la foi et tente de la retrouver après la mort de sa fille adoptive, élevée et aimée avec toute la dévotion possible.
La signification de son nom : Frimme Hersh, nous est donnée sur ActuaBD :

Citation:
Le lecteur non initié a le droit de savoir que « frimme » signifie « pieux » en yiddish et que le patronyme de Hirsch est une allusion au baron philanthrope germano-belge Maurice de Hirsch qui joua un rôle central dans le sauvetage des Juifs d’Europe à partir de 1881.


Source : link

Chanteur de Rue est une histoire plus cruelle, mettant en scène un ménestrel que la pauvreté a fait tomber dans l’alcoolisme et la violence. Les espoirs d’ascension sociale sont toujours possibles, encore faut-il savoir saisir ses opportunités…

Concierge porte bien son nom… Il nous parle du concierge de l’immeuble qui, lui non plus, n’a pas la vie facile. Solitude, violence, préjugés, causent souvent la perte d’un homme…

Cookalein, la dernière histoire de cet ouvrage, est la plus longue et la plus anecdotique. Un peu fouillis, mélangeant une foule de personnages dont on a du mal à saisir les liens, elle se déroule dans le Cookalein, un hôtel de vacances où iront se réfugier certains des habitants de l’immeuble. Entre ruses et astuces pour grimper sur l’échelle sociale, le principal objectif de ces vacances est avant tout de trouver un bon parti, quitte à renier ses véritables sentiments et sa véritable identité…

La particularité de cet ouvrage tient en ce qu’il est le premier roman graphique, comme l’explique bien Wikipédia :

Citation:
Cette bande dessinée marque une date historique dans le genre, car c'est véritablement le premier roman graphique (Graphic novel) qui, pour les américains, provoque une véritable prise de conscience des potentialités du média. Il ne s'agit plus ici de super-héros ou de contre-culture (comme en proposait l'underground des années 1960), mais d'une forme littéraire enfin arrivée à maturité.


Source : link

On trouve une analyse encore plus détaillée sur Krinein :

Citation:
Will Eisner réorganise l'espace comme aucun autre à son époque. La mise en cadre est réinventée. Le dessin se mêle au texte : les deux procédés se fondent sur les planches de l'album en une même force narrative. La typographie et l'emplacement des écritures ont leur importance dans cette fusion. Will Eisner accordait une grande importance au lettrage, il voulait que ses textes soient lus comme des images. Le texte était donc souvent au service de la narration et épousait le ton du récit. Une même importance était accordée aux contours des cases.... ou a leur absence. Il arrive souvent que les cases soient inexistantes, que les vignettes s'étalent en pleine-page.



Source : link

Et si vous souhaitez avoir un petit aperçu…


Extrait de l’histoire Un pacte avec Dieu



Extrait de l’histoire Cookalein

  •  Pogrom : Brève explosion de violence d’une communauté contre un groupe juif qui vit au milieu d’elle-même.
  •  Hassid : Celui qui met ses affaires de côté pour éclairer l’âme des juifs avec la lumière de la Torah et des mitsvots.
  • Mitsva (pluriel : mitsvot) : Commandement, prescription, précepte.

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 18:41
Harvey Milk (2009)



Résumé :

Citation:
Le film retrace les huit dernières années de la vie d'Harvey Milk. Dans les années 70, il fut le premier homme politique américain ouvertement gay à être élu à des fonctions officielles, à San Francisco en Californie. Son combat pour la tolérance et l'intégration des communautés homosexuelles lui coûta la vie. Son action a changé les mentalités, et son engagement a changé l'histoire.






Je n’ai sans doute pas regardé le film dans de bonnes conditions (cette première phrase indique tout de suite l’opinion que je m’en suis faite…)


Je lis à peu près partout des critiques élogieuses de Harvey Milk alors que ce film me fait seulement l’effet d’un bon somnifère. D’accord, le thème est brûlant et trente ans après les déboires des droits homosexuels à San Francisco, les avancées se font à petits pas. Mais que le sujet abordé soit noble ou pas, là n’est pas le problème, encore faut-il voir comment il est abordé (autrement, on pourrait se contenter du documentaire sorti sur le même personnage en 1984 ; je ne l’ai pas vu mais il semblerait qu’il soit, à bien des égards, supérieur au film de Gus Van Sant).
Personnellement, ce qui m’a le plus dérangé, c’est l’utilisation mélodramatique de la musique (les sanglots longs des violons…). Les personnages, ni attachants ni détestables, seront restés de parfaits inconnus du début à la fin du film (étonnant lorsqu’il s’agit d’un biopic). Ils ne sont définis par rien d’autre que par leur sexualité, et c’est un peu dommage pour un film qui se veut ouvert d’esprit. Harvey et sa petite bande sont homos, ils traînent entre homos, ils font des fêtes entre homos, ils vont à des réunions pour les droits des homos… Mais sérieusement, je pense aussi que leur personnalité et leur vie ne se résumait pas qu’à cela… Impression d’un discours démago qui s’adresserait à un public d’un autre temps, pas encore convaincu que les homosexuels sont des êtres humains comme les autres. Gus Van Sant nous tient un peu un propos de prophète : « Je vais vous ouvrir les yeux bande d’abrutis. Je sais que vous n’aimez pas les homos et je vais vous convaincre que vous avez tort ! ». Mais, d’où te sort cette idée Gus ?

Bon, en même temps, j’aurais dû m’y attendre à ce côté pédagogique… Mais devant un biopic, je m’attendais à quelque chose d’un peu plus neutre, de moins engagé, qui permette au spectateur de penser ce qu’il veut des évènements qui se sont produits à San Francisco dans les années 70. Histoire de me rassurer peut-être ? Parce que j’aurais préféré, à la fin du film, ne pas avoir été prise pour une méchante spectatrice forcément hostile aux homosexuels.




En fouillant un peu sur le net, j’ai trouvé d’autres personnes qui ne partagent pas forcément l’enthousiasme des critiques pour ce film :

Citation:
Gus Van Sant s'appuie sur un procédé redoutablement efficace : forcer la sympathie pour le personnage, en montrant à la fois ses grandes qualités : énergie, courage, compassion et malice, mais aussi ses petits défauts, ceux de tout politicard : la roublardise (diriger une manifestation d'homos en colère contre la mairie pour lui permettre d'être le médiateur qui empêchera l'émeute), la démagogie à la Chirac (sa campagne contre les crottes de chiens) et même la duplicité (la parole donnée et non respectée à celui qui se vengera en l'assassinant).



Source : link



Citation:
Harvey Milk est un film à thèse à la Hollywood, c'est-à-dire assez roublard et extrêmement bien-pensant. Résultat, le spectateur s'ennuie et ne rêve dès lors plus qu'au prochain film du cinéaste, en espérant sincèrement qu'il retrouve des sentiers plus personnels...


Source : link

Citation:
C'est toujours difficile de critiquer un film sur la forme quand le fond est inattaquable, pourtant, le film de Gus Van Sant sur la vie d'un homme passionné ne passionne pas.


Source : link

Et pour terminer, une tentative d’interprétation du choix de Josh Brolin dans le rôle de Dan White (un peu douteuse mais bon, je vous laisse lire…)

Citation:
Mais le choix de Josh Brolin dans le rôle de son rival conservateur chrétien Dan White est plus troublant encore. Car quelques mois plus tôt, le comédien incarnait sur les écrans George W. Bush dans le W. d’Oliver Stone. C’est donc le visage cinématographique de Bush qui se superpose à celui de Dan White et confère à cet affrontement entre progressistes et conservateurs un écho particulièrement actuel.


Source : link

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 18:56


Monsters (2010) de Ken Dahl

http://www.printmag.com/CMSAssets/Blog/spx/kendahl-monsterscover.gif



Résumé :

Citation: 

Imaginez ne plus jamais pouvoir embrasser quelqu’un sur les lèvres. Que vous ne pouviez plus jamais embrasser vos enfants, sortir avec quelqu’un dans une soirée, partager de la nourriture, faire une pipe, partager un joint entre collègues, emprunter une brosse à dent, ou cracher dans le café de votre patron sans transmettre une maladie horrible et incurable ?



Sympa la BD…
Lorsque je la lisais, je l’avais déposée sur une étagère de ma chambre et une infirmière qui passait par là (un peu trop curieuse l’infirmière…) l’a chopé, a lu le résumé et m’a demandé d’un air hargneux : « Vous avez de l’herpès ou bien ? ».
Si je n’avais pas lu cette BD, j’aurais été tentée de répondre non, mais après l’avoir lue et après avoir appris que 75% de la population l’avait, sans forcément la développer (un peu comme avec la varicelle), je ne peux rien assurer…

Mais qui est donc Ken Dahl ? Dans le livre, on trouve ce pseudo-passage biographique :

Citation:

Ken Dahl est Gabby Schulz, un auteur vieillissant qui est né et a grandi à Honolulu, Hawaï. Il aime bien vivre, être libre et parler d’autres choses que de l’herpès pour changer.



Dans les premières pages, alors qu’il est encore pur comme un bébé, la vie est facile, légère… Pas besoin de se poser de questions sur la pratique de l’amour et de la sexualité, ça coule de source, et ceux qui développent des MST sont de sales dégueulasses.
Jusqu’à ce qu’on lui annonce qu’il a de l’herpès…
Cette maladie va briser son couple, bouleverser sa vie quotidienne et ses relations avec les autres. Sa vie ne tourne plus qu’autour de l’herpès : comment s’en protéger par l’alimentation (pas trop d’arginine mais beaucoup de lysine), éviter que le travail ne le stresse trop, essayer toutes sortes de produits miracles…

« Avant d’avoir de l’herpès, je ne m’étais pas rendu compte à quel point le sexe était sale et dangereux. Toute ma vie j’ai pensé que le sexe était juste fun… Une simple et saine montée de désir… Comme le ping-pong ou manger des glaces… Maintenant, je connais la vérité : le sexe est une pulsion animale aveugle et tragique. Qu’est-ce que le sexe sinon une réaction chimique qui nous trompe et nous fait croire que 5 minutes de ruades et d’échanges de fluides valent une vie de souffrance et de regrets ? »

Au milieu du livre, on trouve même quelques dizaines de pages wikipédiesques qui s’incrustent comme un intermède dans l’histoire pour mieux nous faire comprendre les enjeux et les modes de transmission de la maladie. On sent l’explication bien renseignée vu les références bibliographiques exposées à la fin du livre.

« Herpès est le nom commun pour l’HERPES SIMPLEX VIRUS (HSV). Incurable, il est généralement non mortel et vous l’avez probablement déjà. Environ 75% des adultes américains sont infectés par le HSV. »

Et puis l’histoire repart, reprend ses pérégrinations là où on les avait laissées pour un final… ultra sarcastique !

Comme certains parlent des livres mieux que moi, voici un avis trouvé sur le site ActuaBD que je cautionne tout à fait :

Citation:

Monsters dépasse d’ailleurs l’aspect de la maladie pour juger nos habitudes sociales autour de ce simple mais terrible handicap. On se rend alors compte de tout ce qu’on fait habituellement, sans se rendre compte des germes que l’on s’échange. C’est donc notre vie en communauté qui est passée au crible, avec un résultat détonnant et interpellant.



Source : link

Et pour l’aperçu…

 

http://www.actuabd.com/IMG/jpg/Monsters_1.jpg

 

http://www.actuabd.com/IMG/jpg/Monsters_2.jpg

 

http://www.actuabd.com/IMG/jpg/Monsters_3.jpg

 

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Published by colimasson - dans Bande dessinée
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