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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 22:45


Quand j’ai bien faim et que je mange,
Et que j’ai bien de quoi choisir,
Je ressens autant de plaisir
Qu’à gratter ce qui me démange.
Cher ami, tu m’y fais songer,
Chacun fait des chansons à boire,
Et moi, qui n’ai plus rien de bon que la mâchoire,
Je n’en veux faire qu’à manger.

Quand on se gorge d’un potage,
Succulent comme un consommé,
Si notre corps en est charmé
Notre âme l’est bien davantage ;
Et Satan, le fameux glouton,
Pour tromper la femme première,
N’alla pas lui montrer du vin ou de la bière,
Mais de quoi branler le menton.

Quatre fois l’homme de courage
En un jour peut manger son saoul ;
Mais le trop boire fait un fou
De la personne la plus sage.
Que l’on vide mille tonneaux,
On n’a bu que la même chose,
Au lieu qu’en un repas on peut doubler la dose
De mille différents morceaux.

Quel plaisir lorsqu’avec furie,
Après la bisque et le rôti,
Un entremets bien assorti
Vient réveiller la mangerie !
Quand tu mords dans un bon melon,
Trouves-tu liqueur qui le vaille ?
Ô mon très cher ami, je suis pour la mangeaille ;
Il n’est rien de tel qu’un glouton.


Scarron






Les jeunes piaillent comme chantent les vieux, Jacob Jordaens
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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 21:53
Citation:
« Si l’on attend une heure, c’est une chance, on aurait pu attendre six heures. Si l’on attend six heures, c’est une chance, on aurait pu attendre une nuit. Si l’on attend une nuit, c’est une chance, on aurait pu être blessé. Si l’un est blessé, c’est une chance, on aurait pu mourir. Si l’on meurt, c’est une chance, on est enfin délivré de toutes les souffrances. »
Dicton Populaire
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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 21:51
Citation:
Comment pourrait-on s’adonner à la philosophie abstraite dès lors qu’on sent en soi le déroulement d’un drame complexe où se mêlent un pressentiment érotique avec une inquiétude métaphysique torturante, la peur de la mort avec une aspiration à la naïveté, la renonciation totale avec un héroïsme paradoxal, le désespoir avec l’orgueil, le pressentiment de la folie avec le désir d’anonymat, le cri avec le silence, et l’enthousiasme avec le néant ?






Citation:
J’aime la pensée qui garde une saveur de sang et de chair, et je préfère mille fois à l’abstraction vide une réflexion issue d’un transport sensuel ou d’un effondrement nerveux. Les hommes n’ont pas encore compris que le temps des engouements superficiels est révolu, et qu’un cri de désespoir est bien plus révélateur que la plus subtile des arguties.






Citation:
C’est par peur de la solitude que Dieu a créé le monde, telle est l’unique explication de la Création. Notre raison d’être à nous créatures n’est autre que de distraire le Créateur. Pauvres bouffons, nous oublions que nous vivons des drames pour divertir un spectateur dont personne sur terre n’a encore entendu les applaudissements. Et si Dieu a inventé les saints –comme des prétextes de dialogue- c’est pour alléger encore le poids de son isolement.


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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 21:57
J'ai l'impression que lorsqu'un être humain est terrassé par un évènement affreux, il n'a d'autre choix que de marcher sur son chemin tout droit, avec ardeur, les cheveux en désordre.
Kawabata yasunari , Les Pissenlits



Sebastian Salgado
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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 22:01

 

Le vin qui trop cher m’est vendu,
M’a la force des yeux ravie,
Pour autant qu’il m’est défendu,
Dont tous les jours m’en croît l’envie.
Mais puisque lui seul est ma vie,
Malgré les fortunes senestres,
Les yeux ne seront point les maistres
Sur tout le corps, car, par raison,
J’aime mieux perdre les fenestres
Que perdre toute la maison.


Clément Marot (1496-1544)

 

 



Le buveur (1914), Umberto Boccioni

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 22:02
"Il n'y a aucune honte à être quelqu'un d'ordinaire ; ça n'implique pas de jugement moral. Je ne crois pas que les génies récoltent plus de points que les autres dans un grand livre de comptes cosmiques. (...) Tendre à ce but, se hisser le plus haut possible, étirer les doigts dans l'espoir d'érafler la surface: y a-t-il aspiration plus extraordinairement moderne ?"
Les visages de Jesse Kellerman


Philippe Halsman
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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 21:32







Je crois en une seule chose :

que l'homme n'est pas soumis à la nature mais qu'il est très capable de la soumettre et que c'est tout ce que cette pute attend.

Je ne crois pas en des valeurs spirituelles, parce que je ne crois pas avoir d'esprit, mais un corps,

et ma conscience c'est mon corps,

mon intelligence, c'est mon corps et rien de plus.


Je ne vois pas plus loin que

suer,

souffler,

siffler,

grincer,

trembler,

bramer,

zuter,

et aboyer.

Mes sentiments ne sont que le contre-coup d'un vieux heurt d'os, d'un déchirement organique,

d'ailleurs je n'en sais rien et je ne veux plus le savoir,

je ne veux absolument plus rien savoir,

j'ai mal de tout et j'en ai assez

et je pense que la pensée doit disparaître,

j'en parle dans un corps, avec des organes faux, fait pour l'esprit et par l'esprit,

j'en changerai comme d'un sale vêtement.

Moi qui ne crois pas à l'esprit,

pas à l'infini,

pas à l'éternité,

qui veux que les choses soient jugées de l'angle immédiat et intrinsèque de l'actualité nourricière

et qui crois qu'il y a toujours eu un corps

et que c'est de lui que tout est venu

et qui ne crois plus à la conscience

en plus,

moi qui veux que ce corps vive sans presse, sans arrêt et sans recours à une prise de conscience quelconque je serais un mystique ?


Merde alors.

Je ne peux pas pour finir être un mystique parce que je ne crois qu'à ce qui est et non à ce qui sera, je ne pense pas à ce qui sera, je ne pense qu'à ce qui est, quand je le fais, mais qui vient de ce que j'ai fait déjà un jour,

et jamais je n'ai regardé l'avenir,

mais le néant immédiat et présent,

mon corps présent venu du passé.

Ne plus rechercher pourquoi les choses sont obscènes et immondes à cause de ce qui s'est passé un jour et que j'ai oublié,

je m'en fous,

se battre, anéantir et créer dans le néant présent.




(In Artaud le Mômo)
       
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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 21:32
"La grande fatigue de l'existence humaine n'est peut-être en somme que cet énorme mal qu'on se donne pour demeurer vingt ans, quarante ans, davantage, raisonnable, pour ne pas être simplement, profondément soi-même, c'est-à-dire immonde, atroce, absurde. Cauchemar d'avoir à présenter toujours comme un petit idéal universel, surhomme du matin au soir, le sous-homme claudicant qu'on nous a donné."
L.F Céline



Ludwig Meidner
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 21:51

 

 

"Et les économistes s'en vont répétant aux ouvriers : Travaillez pour augmenter la fortune sociale ! et cependant un économiste, Destut de Tracy, leur répond : « Les nations pauvres, c'est là où le peuple est à son aise; les nations riches, c'est là où il est ordinairement pauvre. » [...] Mais, assourdis et idiotisés par leurs propres hurlements, les économistes de répondre : travaillez, travaillez toujours pour créer votre bien-être ! [...] Travaillez, travaillez, prolétaires, pour agrandir la fortune sociale et vos misères individuelles, travaillez, travaillez, pour que, devenant plus pauvres, vous avez plus de raisons de travailler et d'être misérables. Telle est la loi inexorable de la production capitaliste."

 

 



Still Life de Tom Wesselmann

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 21:49
« Il y a longtemps que tout savoir m’écœure. Apaisons nos passions ardentes dans les fonds de la sensualité. Sous des voiles magiques intacts, que tout prodige à l’instant s’effectue ! Jetons nous dans la rumeur du temps, dans le roulement de l’éventuel ! Puissent alors alterner douleur et plaisir, réussite er dégoût selon qu’il se pourra. Pourvu que l’homme s’active dans sa trêve. »


Franz Radziwill
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