Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 20:58






Pour comprendre d’où provient ce fameux Vent du soir qui donne son titre au 8e volume de la série des Bidochon, il faut savoir que cet album est dédicacé « à tous les airs », avec qui son auteur Binet entretint des rapports « aussi divers qu’enrichissants ». Peut-être cette précision permettra-t-elle d’éclaircir certains aspects de cet étrange volume aux ambitions éthérées…





Binet semble bien connaître les « airs ». Sous toutes leurs déclinaisons, il les énumère page après page et évoque…


… des « airs » de musique, que Robert tente lamentablement de pianoter sur le clavecin électronique qu’il s’est fait refourguer par un commerçant habile… Pourtant, lors de la démonstration, tout avait l’ « air » si simple : il suffisait d’appuyer sur les touches lumineuses en suivant leur ordre d’apparition ! Devant Raymonde, le processus ne fonctionne plus, et même si elle essaie de prendre l’ « air » intéressé, elle regrette surtout que son pitoyable époux n’ait pas plutôt investi sa cagnotte dans l’achat de quelque chose de plus utile… un mixer, par exemple ?






N’oublions pas non plus les « airs » de la grande comédie sociale, ceux que l’on se force à emprunter, ceux qui nous collent de faux sourires et qui nous arrachent le visage… L’ « air » ravi d’être invité à dîner chez les Pelletier, alors qu’une soirée télévision n’aurait peut-être pas été plus désagréable…


Mais l’ « air » n’est pas seulement une question de figure, c’est aussi une question de tube digestif. Tant pis s’il faut ici ravaler sa fierté, nous parlerons ici des « airs » intestinaux, dont Robert semble maîtriser la production à quantité industrielle –mais pour ce qui est de la maîtrise de leur émission, il nous faudra en reparler plus tard. Une boîte de cassoulet en conserve, et les « airs gastriques » envahissent les toilettes, les placards et le lit conjugal… Vent du soir… espoir ? Non ! Raymonde ne se donne plus de faux « air » : si elle n’a pas envie, elle n’a pas envie ! Mais Robert est tenace ! Et puis, il est si rapide… Raymonde a plus vite fait de céder que de résister, mais ça ne ressemble plus aux doux « airs » de sérénade que lui jouait son tendre amant aux débuts de leur relation.





Entre autres « airs », citons aussi celui qui fait s’agiter la crotte de nez suspendue à sa muqueuse, très gênant lorsqu’il faut adresser ses condoléances à un proche.


Bien que rien ne relie les différents chapitres de ce huitième album, sinon ce prétexte de décliner le mot « air » à toutes les sauces, il sera difficile de ne pas les apprécier en fin connaisseur. On continue d’y reconnaître une apathie, un ringardisme et un humour qui prolongent encore cet « air » familier que nous jouent les Bidochon depuis le début de leurs aventures, et qui fait tout le plaisir de la lecture.


Citation:
Du coup, je lui donne son cadeau ou je lui donne pas ? Vu la tête qu’elle me tire, est-ce que je peux arriver devant elle en lui souhaitant des années à venir aussi heureuses que celles passées ? Elle va accepter mon cadeau du bout des lèvres… A ce prix-là, c’est vraiment du gâchis ! D’un autre côté, si je ne lui offre pas, c’est encore plus gâché ! Gâché pour gâché, autant choisir le moins gâché !




Partager cet article

Repost 0
Published by Colimasson - dans Bande dessinée
commenter cet article

commentaires